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	<title>Comments on: The monk</title>
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		<title>By: Antisthène Ocyrhoé</title>
		<link>http://classiques.bibliofolie.com/the-monk/comment-page-1/#comment-12</link>
		<dc:creator>Antisthène Ocyrhoé</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2008 09:41:13 +0000</pubDate>
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		<description>Ce que j&#039;ai trouvé intéressant dans ce livre, c&#039;est la manière atypique qu&#039;a la narration d&#039;exploiter et de mettre en scène le fantastique. Habituellement, le fantastique est défini comme l&#039;intrusion d&#039;éléments surnaturels -  ou passant pour tels - dans un cadre narratif réaliste ou vraisemblable. Les éléments fantastiques sont presque toujours potentiellement explicables et servent davantage à mettre en avant le trouble d&#039;une conscience qu&#039;à plaider la cause de Casper.
 
Or, ici, le fantastique le plus surréaliste est présenté avec un naturel absolument déconcertant. Même pour les personnages se piquant d&#039;être incrédules, les aventures de la nonne sanglante ou l&#039;apparition du Juif Errant ne semblent pas provoquer un trouble métaphysique particulier. Les invocations du diable, de la même manière, ne sont pas présentées comme quelque chose d&#039;invraisemblable ; c&#039;est un procédé, certes un peu dangereux, mais somme toute assez crédible pour n&#039;être pas mis sur un autre plan que celui du cadre réaliste dans lequel évoluent les protagonistes. 

J&#039;avoue n&#039;avoir pas lu énormément de fantastique, mais, à ce jour,je n&#039;ai trouvé ce procédé que chez Lewis. C&#039;est sans doute cette façon particulière de traiter du surnaturel comme d&#039;une chose faisant partie de la réalité qui a attiré les surréalistes vers cette oeuvre, au point qu&#039;Antonin Artaud en a proposé une réécriture.

Pour le reste, mon avis sur ce livre est tout de même plus mitigé que le tien. Le début du livre est plein d&#039;une sorte d&#039;ironie qui se perd rapidement et que l&#039;on ne retrouve que rarement au fil de l&#039;intrigue ; le récit dans le récit contenant l&#039;histoire de la nonne sanglante, et qui occupe tout de même un bon quart du livre - si mes souvenirs sont exacts, rend le roman assez bancal tant par la longue coupure infligée à l&#039;intrigue principale que par les extraordinaires facilités de scénario qui sous-tendent cet excursus. De plus, ce même traitement du surnaturel dont je viens de parler, pour être déconcertant, original et plaisant, ne va pas sans certaines maladresses, parfois à la limite du grotesque, qui cassent un peu l&#039;ambiance. Bien sûr, je n&#039;oublie pas que l&#039;auteur écrit ce roman alors qu&#039;il a à peine 20 ans, ce qui justifie qu&#039;il ne soit pas rompu à l&#039;exercice romanesque comme un Flaubert à cinquante ans. 

Pour conclure, j&#039;ai trouvé dans Le Moine un bon roman, très divertissant, mais qui ne va pas sans certaines faiblesses domageables à l&#039;intérêt que pourrait susciter la trame de l&#039;histoire. J&#039;aimerais assez, si je trouve le temps, lire la version d&#039;Artaud, pour voir ce qu&#039;il en a fait.

Antisthène Ocyrhoé.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ce que j&#8217;ai trouvé intéressant dans ce livre, c&#8217;est la manière atypique qu&#8217;a la narration d&#8217;exploiter et de mettre en scène le fantastique. Habituellement, le fantastique est défini comme l&#8217;intrusion d&#8217;éléments surnaturels &#8211;  ou passant pour tels &#8211; dans un cadre narratif réaliste ou vraisemblable. Les éléments fantastiques sont presque toujours potentiellement explicables et servent davantage à mettre en avant le trouble d&#8217;une conscience qu&#8217;à plaider la cause de Casper.</p>
<p>Or, ici, le fantastique le plus surréaliste est présenté avec un naturel absolument déconcertant. Même pour les personnages se piquant d&#8217;être incrédules, les aventures de la nonne sanglante ou l&#8217;apparition du Juif Errant ne semblent pas provoquer un trouble métaphysique particulier. Les invocations du diable, de la même manière, ne sont pas présentées comme quelque chose d&#8217;invraisemblable ; c&#8217;est un procédé, certes un peu dangereux, mais somme toute assez crédible pour n&#8217;être pas mis sur un autre plan que celui du cadre réaliste dans lequel évoluent les protagonistes. </p>
<p>J&#8217;avoue n&#8217;avoir pas lu énormément de fantastique, mais, à ce jour,je n&#8217;ai trouvé ce procédé que chez Lewis. C&#8217;est sans doute cette façon particulière de traiter du surnaturel comme d&#8217;une chose faisant partie de la réalité qui a attiré les surréalistes vers cette oeuvre, au point qu&#8217;Antonin Artaud en a proposé une réécriture.</p>
<p>Pour le reste, mon avis sur ce livre est tout de même plus mitigé que le tien. Le début du livre est plein d&#8217;une sorte d&#8217;ironie qui se perd rapidement et que l&#8217;on ne retrouve que rarement au fil de l&#8217;intrigue ; le récit dans le récit contenant l&#8217;histoire de la nonne sanglante, et qui occupe tout de même un bon quart du livre &#8211; si mes souvenirs sont exacts, rend le roman assez bancal tant par la longue coupure infligée à l&#8217;intrigue principale que par les extraordinaires facilités de scénario qui sous-tendent cet excursus. De plus, ce même traitement du surnaturel dont je viens de parler, pour être déconcertant, original et plaisant, ne va pas sans certaines maladresses, parfois à la limite du grotesque, qui cassent un peu l&#8217;ambiance. Bien sûr, je n&#8217;oublie pas que l&#8217;auteur écrit ce roman alors qu&#8217;il a à peine 20 ans, ce qui justifie qu&#8217;il ne soit pas rompu à l&#8217;exercice romanesque comme un Flaubert à cinquante ans. </p>
<p>Pour conclure, j&#8217;ai trouvé dans Le Moine un bon roman, très divertissant, mais qui ne va pas sans certaines faiblesses domageables à l&#8217;intérêt que pourrait susciter la trame de l&#8217;histoire. J&#8217;aimerais assez, si je trouve le temps, lire la version d&#8217;Artaud, pour voir ce qu&#8217;il en a fait.</p>
<p>Antisthène Ocyrhoé.</p>
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