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	<title>Comments on: Sébastien Roch</title>
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		<title>By: Mme Charlotte</title>
		<link>http://classiques.bibliofolie.com/sebastien-roch/comment-page-1/#comment-10</link>
		<dc:creator>Mme Charlotte</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2008 10:55:18 +0000</pubDate>
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		<description>merci pour ces savants éclaircissements ^^</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>merci pour ces savants éclaircissements ^^</p>
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		<title>By: Antisthène Ocyrhoé</title>
		<link>http://classiques.bibliofolie.com/sebastien-roch/comment-page-1/#comment-9</link>
		<dc:creator>Antisthène Ocyrhoé</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2008 08:47:07 +0000</pubDate>
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		<description>Je ne pense pas que le relatif insuccès soit dû aux défauts de style. Après le succès de scandale du Calvaire, et son deuxième chapitre plus que violemment anti-militariste, anti-belliciste et anti-patriotique, les parutions de Mirbeau ont été plus ou moins étouffées par un silence concerté de la critique - dont il serait pléonastique de dire qu&#039;elle était alors bourgeoise. En ce sens, la question du sujet traité est effectivement intéressante : le moins que l&#039;on puisse dire, c&#039;est que ces thèmes ne répondaient pas aux attentes du lectorat bourgeois de la Belle-Epoque.

Si tu prends le cas du journal d&#039;une femme de chambre, aucun grand quotidien de l&#039;époque n&#039;a daigné en parler au moment de sa sortie... il n&#039;y a que les petits journaux, le plus souvent de tendances anarchistes, qui en ont donné des chroniques. Seulement, pour ce roman-là, le bouche-à-oreille a plus que bien fonctionné -  146.000 exemplaires vendus du vivant de l&#039;auteur, et encore, souvent parce qu&#039;il avait la réputation d&#039;être pornographique... Ce ne fut pas le cas pour Sebastien Roch, qui, comme la plupart des romans dont la presse ne parle pas, est resté dans l&#039;ombre. 

En fait il est difficile de savoir si CE roman est resté dans l&#039;ombre à cause de SON sujet propre (ou sale, comme on voudra), ou seulement parce que son auteur avait DEJA une réputation de contempteur des idéologies dominantes, de &quot;hyène dactylographe&quot; pour reprendre le surnom qu&#039;un communiste donnera à Sartre quelque cinquante ans plus tard. Je veux dire qu&#039;il est tout à fait envisageable, que, quelque soit le contenu novateur - ou pas - de l&#039;ouvrage, il était voué au silence simplement à cause de la mauvaise réputation dont jouissait son auteur dans les hautes sphères de la société.

Il faut dire aussi que le paysage littéraire de la fin du XIXè siècle était très prolixe, et qu&#039;il y avait beaucoup d&#039;auteurs que l&#039;on lisait plus volontiers que Mirbeau, lequel n&#039;étant pas encore vraiment reconnu comme romancier. Comme je l&#039;ai dit, le succès du Calvaire était surtout un succès de scandale, pour le reste, Les Lettres de ma chaumière, l&#039;Abbé Jules et Sébastien Roch se sont très mal vendus. A l&#039;époque, on lisait plus volontiers Zola (devenu franchement bourgeois à cette époque - il faudra que je fasse un article sur la Bête Humaine), Daudet, Maupassant, Goncourt, Jules Vernes, Paul Bourget, Catulle Mendès, Paul Hervieu, et tant d&#039;autres que nous avons complètement oubliés, mais qui furent de grandes gloires littéraires de cette fin de siècle - ceux qui ont fait les beaux jours des critiques d&#039;un Francisque Sarcey, par exemple... 

C&#039;est un phénomène qui se vérifie encore aujourd&#039;hui : quand on va dans une librairie, on achète plus volontiers un livre d&#039;un auteur jouissant d&#039;une bonne réputation, et dont on suppose qu&#039;il a des chances de répondre à nos attentes, qu&#039;un roman signé d&#039;un auteur qu&#039;on ne connait pas ou peu - qui ne semble pas avoir fait ses preuves dans tous les cas... Sans compter que les libraires eux-mêmes ne mettent pas ce genre d&#039;ouvrages en avant dans leur boutique. C&#039;est tout le paradoxe : pour avoir du succès, il faut déjà être un auteur à succès... Je ne dis pas que ça explique tout, je ne le crois d&#039;ailleurs pas, mais ça ne doit pas être négligé pour comprendre l&#039;insuccès de Sébastien Roch.

Voilà, j&#039;espère avoir apporté quelques éléments de réponse à une question dont je n&#039;ai d&#039;ailleurs pas la réponse non plus. :-P

Antisthène Ocyrhoé.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne pense pas que le relatif insuccès soit dû aux défauts de style. Après le succès de scandale du Calvaire, et son deuxième chapitre plus que violemment anti-militariste, anti-belliciste et anti-patriotique, les parutions de Mirbeau ont été plus ou moins étouffées par un silence concerté de la critique &#8211; dont il serait pléonastique de dire qu&#8217;elle était alors bourgeoise. En ce sens, la question du sujet traité est effectivement intéressante : le moins que l&#8217;on puisse dire, c&#8217;est que ces thèmes ne répondaient pas aux attentes du lectorat bourgeois de la Belle-Epoque.</p>
<p>Si tu prends le cas du journal d&#8217;une femme de chambre, aucun grand quotidien de l&#8217;époque n&#8217;a daigné en parler au moment de sa sortie&#8230; il n&#8217;y a que les petits journaux, le plus souvent de tendances anarchistes, qui en ont donné des chroniques. Seulement, pour ce roman-là, le bouche-à-oreille a plus que bien fonctionné &#8211;  146.000 exemplaires vendus du vivant de l&#8217;auteur, et encore, souvent parce qu&#8217;il avait la réputation d&#8217;être pornographique&#8230; Ce ne fut pas le cas pour Sebastien Roch, qui, comme la plupart des romans dont la presse ne parle pas, est resté dans l&#8217;ombre. </p>
<p>En fait il est difficile de savoir si CE roman est resté dans l&#8217;ombre à cause de SON sujet propre (ou sale, comme on voudra), ou seulement parce que son auteur avait DEJA une réputation de contempteur des idéologies dominantes, de &#8220;hyène dactylographe&#8221; pour reprendre le surnom qu&#8217;un communiste donnera à Sartre quelque cinquante ans plus tard. Je veux dire qu&#8217;il est tout à fait envisageable, que, quelque soit le contenu novateur &#8211; ou pas &#8211; de l&#8217;ouvrage, il était voué au silence simplement à cause de la mauvaise réputation dont jouissait son auteur dans les hautes sphères de la société.</p>
<p>Il faut dire aussi que le paysage littéraire de la fin du XIXè siècle était très prolixe, et qu&#8217;il y avait beaucoup d&#8217;auteurs que l&#8217;on lisait plus volontiers que Mirbeau, lequel n&#8217;étant pas encore vraiment reconnu comme romancier. Comme je l&#8217;ai dit, le succès du Calvaire était surtout un succès de scandale, pour le reste, Les Lettres de ma chaumière, l&#8217;Abbé Jules et Sébastien Roch se sont très mal vendus. A l&#8217;époque, on lisait plus volontiers Zola (devenu franchement bourgeois à cette époque &#8211; il faudra que je fasse un article sur la Bête Humaine), Daudet, Maupassant, Goncourt, Jules Vernes, Paul Bourget, Catulle Mendès, Paul Hervieu, et tant d&#8217;autres que nous avons complètement oubliés, mais qui furent de grandes gloires littéraires de cette fin de siècle &#8211; ceux qui ont fait les beaux jours des critiques d&#8217;un Francisque Sarcey, par exemple&#8230; </p>
<p>C&#8217;est un phénomène qui se vérifie encore aujourd&#8217;hui : quand on va dans une librairie, on achète plus volontiers un livre d&#8217;un auteur jouissant d&#8217;une bonne réputation, et dont on suppose qu&#8217;il a des chances de répondre à nos attentes, qu&#8217;un roman signé d&#8217;un auteur qu&#8217;on ne connait pas ou peu &#8211; qui ne semble pas avoir fait ses preuves dans tous les cas&#8230; Sans compter que les libraires eux-mêmes ne mettent pas ce genre d&#8217;ouvrages en avant dans leur boutique. C&#8217;est tout le paradoxe : pour avoir du succès, il faut déjà être un auteur à succès&#8230; Je ne dis pas que ça explique tout, je ne le crois d&#8217;ailleurs pas, mais ça ne doit pas être négligé pour comprendre l&#8217;insuccès de Sébastien Roch.</p>
<p>Voilà, j&#8217;espère avoir apporté quelques éléments de réponse à une question dont je n&#8217;ai d&#8217;ailleurs pas la réponse non plus. :-P</p>
<p>Antisthène Ocyrhoé.</p>
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		<title>By: Mme Charlotte</title>
		<link>http://classiques.bibliofolie.com/sebastien-roch/comment-page-1/#comment-6</link>
		<dc:creator>Mme Charlotte</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2008 14:53:23 +0000</pubDate>
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		<description>Le manque de succès de ce livre était-il dû aux défauts du style, ou au sujet traité ?
Franchement la question se pose...Écrire là-dessus à cette époque, alors qu&#039;encore de nos jours ça reste &lt;em&gt;relativement &lt;/em&gt; tabou, je trouve ça plus que courageux.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Le manque de succès de ce livre était-il dû aux défauts du style, ou au sujet traité ?<br />
Franchement la question se pose&#8230;Écrire là-dessus à cette époque, alors qu&#8217;encore de nos jours ça reste <em>relativement </em> tabou, je trouve ça plus que courageux.</p>
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		<title>By: Antisthène Ocyrhoé</title>
		<link>http://classiques.bibliofolie.com/sebastien-roch/comment-page-1/#comment-5</link>
		<dc:creator>Antisthène Ocyrhoé</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2008 11:22:18 +0000</pubDate>
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		<description>Tu as sans doute raison d&#039;affirmer que Mirbeau est en avance sur son temps. Sa vision du cancre ne vient d&#039;ailleurs pas d&#039;une intuition psychologique hors du commun, mais simplement du fait que c&#039;est sa propre enfance que l&#039;auteur nous narre dans ce troisième et dernier roman &quot;autobiographique&quot; - après le  succès de scandale du Calvaire (dû à un chapitre acide sur la guerre de 1870) et la parution peu remarquée de l&#039;Abbé Jules.

Au niveau du style, il faut se souvenir que ce roman se situe encore dans les débuts littéraires de Mirbeau, plutôt reconnu en tant que pamphlétaire à cette époque. Son style &quot;romanesque&quot; n&#039;est pas affirmé - le sera-t-il vraiment un jour chez cet homme qui sent amèrement les limites du genre romanesque ? -, et, dans sa correspondance à Hervieu, Monet ou Rodin, il ne cesse de se plaindre de la difficulté qu&#039;il éprouve à rédiger une oeuvre dont il ne se satisfait pas. 

Sans doute le choix d&#039;un sujet autobiographique, faute d&#039;oser encore écrire à partir d&#039;une autre matière que son expérience propre, complique considérablement la donne : trop de choses à dire, trop d&#039;émotion, de colère... Bref, un projet qu&#039;il n&#039;arrive pas à maitriser, car il veut en dire trop, plus qu&#039;il ne peut, et cela nuit à l&#039;écriture, à la cohérence et à la composition de son livre. C&#039;est sans doute pour cela que les romans qui suivront, et qui feront sa gloire (Le jardin des supplices, le journal d&#039;une femme de chambre), ne seront plus autobiographiques. 

Il faut d&#039;ailleurs rappeler que ce roman n&#039;a pas connu un véritable succès à sa parution, et n&#039;a jamais fait partie des œuvres les plus lues et les plus appréciées de Mirbeau.  Je pense, mais cela n&#039;engage que moi, que Sébastien Roch n&#039;est pas la meilleure entrée dans l&#039;édifice laissé par cet auteur si riche et, comme tu l&#039;as très justement noté, si en avance sur les mentalités de son temps... et peut-être aussi du notre.

Antisthène Ocyrhoé.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Tu as sans doute raison d&#8217;affirmer que Mirbeau est en avance sur son temps. Sa vision du cancre ne vient d&#8217;ailleurs pas d&#8217;une intuition psychologique hors du commun, mais simplement du fait que c&#8217;est sa propre enfance que l&#8217;auteur nous narre dans ce troisième et dernier roman &#8220;autobiographique&#8221; &#8211; après le  succès de scandale du Calvaire (dû à un chapitre acide sur la guerre de 1870) et la parution peu remarquée de l&#8217;Abbé Jules.</p>
<p>Au niveau du style, il faut se souvenir que ce roman se situe encore dans les débuts littéraires de Mirbeau, plutôt reconnu en tant que pamphlétaire à cette époque. Son style &#8220;romanesque&#8221; n&#8217;est pas affirmé &#8211; le sera-t-il vraiment un jour chez cet homme qui sent amèrement les limites du genre romanesque ? -, et, dans sa correspondance à Hervieu, Monet ou Rodin, il ne cesse de se plaindre de la difficulté qu&#8217;il éprouve à rédiger une oeuvre dont il ne se satisfait pas. </p>
<p>Sans doute le choix d&#8217;un sujet autobiographique, faute d&#8217;oser encore écrire à partir d&#8217;une autre matière que son expérience propre, complique considérablement la donne : trop de choses à dire, trop d&#8217;émotion, de colère&#8230; Bref, un projet qu&#8217;il n&#8217;arrive pas à maitriser, car il veut en dire trop, plus qu&#8217;il ne peut, et cela nuit à l&#8217;écriture, à la cohérence et à la composition de son livre. C&#8217;est sans doute pour cela que les romans qui suivront, et qui feront sa gloire (Le jardin des supplices, le journal d&#8217;une femme de chambre), ne seront plus autobiographiques. </p>
<p>Il faut d&#8217;ailleurs rappeler que ce roman n&#8217;a pas connu un véritable succès à sa parution, et n&#8217;a jamais fait partie des œuvres les plus lues et les plus appréciées de Mirbeau.  Je pense, mais cela n&#8217;engage que moi, que Sébastien Roch n&#8217;est pas la meilleure entrée dans l&#8217;édifice laissé par cet auteur si riche et, comme tu l&#8217;as très justement noté, si en avance sur les mentalités de son temps&#8230; et peut-être aussi du notre.</p>
<p>Antisthène Ocyrhoé.</p>
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