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	<title>Sauvons les auteurs morts qui n&#039;avaient pas la télé &#187; STENDHAL</title>
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<title>Sauvons les auteurs morts qui n&#039;avaient pas la télé</title>
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		<title>Armance</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Aug 2008 19:31:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nibelheim</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur : Stendhal Titre original : Armance ou Quelques scènes d&#8217;un salon en 1827 1ère édition : 1818 Ma note : Résumé : Octave et Armance ont à peine vingt ans sous la Restauration. Charles X règne et le ministère Villèle prépare une loi, votée en 1825, qui doit indemniser en partie les aristocrates émigrés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-148" style="border: 1px solid black; margin: 0px 5px;" title="armance" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2008/08/armance.jpg" alt="" width="107" height="180" /><strong></strong><em> </em><strong>Auteur : Stendhal</strong><br />
<strong>Titre original</strong> : <em>Armance ou Quelques scènes d&#8217;un salon en 1827</em><strong></strong><br />
<strong>1ère édition</strong> : 1818<br />
<strong>Ma note </strong>: <img class="alignnone size-medium wp-image-15" title="4" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2008/04/4.gif" alt="" width="70" height="15" /></p>
<p><strong>Résumé :</strong> <span class="txNoir"><br />
Octave et Armance ont à peine vingt ans sous la Restauration. Charles X règne et le ministère Villèle prépare une loi, votée en 1825, qui doit indemniser en partie les aristocrates émigrés et spoliés par la Révolution. Aristocrate et polytechnicien, Octave devient un bon parti, mais il rêve plutôt de se rendre utile ou de servir une cause héroïque. Il aime Mozart et la chimie, il suit passionnément avec Armance la guerre d&#8217;indépendance des Grecs contre les Turcs. Elle n&#8217;est d&#8217;abord qu&#8217;une parente pauvre, réduite au rôle de demoiselle de compagnie. Ils partagent une très haute idée de l&#8217;amour. Leur passion naît parmi les intrigues de haute et basse politique et se heurte au &#8220;fatal secret&#8221; dont Octave diffère l&#8217;impossible aveu.Premier roman, <em>Armance</em> est un chef-d&#8217;oeuvre discret, subtil, qui ouvre au lecteur bénévole le coeur même du Tendre stendhalien.</span></p>
<p><strong>Mon avis :</strong></p>
<p>Que dire d&#8217;<span style="font-weight: bold; font-style: italic;">Armance</span>, roman de Stendhal publié en 1827 ? Tout d&#8217;abord qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une œuvre obscure, reposant sur un secret : un secret qu&#8217;on ne manque pas de découvrir en lisant les quelques pages consacrée à ce roman, qu&#8217;elles soient virtuelles ou non. Cette réponse au secret, cette première clé du roman, je l&#8217;ai donc découverte durant ma lecture &#8211; il était difficile d&#8217;y échapper. Mais quand j&#8217;ai lu ça et là que l&#8217;intérêt premier de ce livre résidait justement dans cet unique mystère et qu&#8217;il disparaissait une fois le secret découvert, je n&#8217;ai pas été d&#8217;accord &#8230; Tout simplement parce que coller sur le personnage l&#8217;étiquette d&#8217;&#8221;<span style="font-style: italic;">Impuissance</span>&#8221; ne suffit pas tout à fait à rendre intelligibles son attitude et ses états d&#8217;âme. Ce n&#8217;est pourtant pas ce que laisse entendre une lettre à Mérimée datée du 23 Décembre 1826 qui suit de très le roman dans mon édition. Mais, comme dirait un mot de la préface qui me semble pertinent à propos de cette lettre :</p>
<p><span style="font-style: italic;">&#8220;Stendhal y ramène son livre à un problème physiologique. Seulement, voilà, avec Stendhal, il faut se méfier. La seule façon sérieuse de le prendre, c&#8217;est de ne pas prendre au sérieux tout ce qu&#8217;il dit.&#8221;</span></p>
<p>Autant d&#8217;éléments qui viennent confirmer que le mot d&#8217;impuissance, de problème physiologique et sexuel n&#8217;épuisent en aucun cas la richesse du texte. Ce qui est intéressant chez Octave de Malivert, c&#8217;est son trouble intérieur, sa volonté de se cacher et d&#8217;échapper aux regards, son désir de déguisement. Au delà de tout ça, c&#8217;est surtout son rapport à la connaissance et à la philosophie. Jeune homme solitaire et étranger au monde qui l&#8217;entoure, il décide de se tourner vers l&#8217;étude de soi et l&#8217;introspection. Le problème est qu&#8217;il s&#8217;y enferme et tourne en rond, sans finalement réussir à se connaitre puisqu&#8217;après s&#8217;être interdit les jouissances de l&#8217;amour, il tombe amoureux &#8211; sans presque s&#8217;en rendre compte &#8211; d&#8217;Armance, sa cousine. Malgré les portes fermées à clé, malgré son repli sur lui-même, sa froideur et sa feinte indifférence à l&#8217;égard des autres. Pendant un moment, Octave tient bon, refusant de donner d&#8217;autre nom que celui d&#8217;&#8221;amitié&#8221; à sa relation avec Armance. Lui, il rêve d&#8217;un grand salon désert tapissé de grands miroirs, d&#8217;incognito, s&#8217;enferme à clé pour lire des journaux. Au final, l&#8217;attitude du personnage est plus qu&#8217;ambigüe : tout en revendiquant la lecture des matérialistes, en défendant la raison et la logique, Octave demeure impuissant, et dans un sens plus large cette fois-ci. Impuissant à comprendre et à contenir ses passions, qu&#8217;il déguise autant qu&#8217;il peut et qu&#8217;il refuse de nommer ; impuissant à se connaître véritablement, et cela parce qu&#8217;il refuse de s&#8217;ouvrir. Pourtant, l&#8217;espoir était présent, dans le roman, dans la figure d&#8217;Armance. Elle est tout à la fois une interlocutrice privilégiée avec qui il est possible, enfin, de bâtir de vrais dialogues, confidente à même de le comprendre ; objet de désir ; repoussoir. Elle peut, elle aussi, représenter autrui avec son regard qui juge &#8230; A la fin du livre, Octave choisira la fuite, plutôt que d&#8217;avouer son fatal secret, après bien des doutes et après avoir été abusé par une fausse lettre d&#8217;Armance.</p>
<p>Au final, je peux dire que j&#8217;apprécie davantage <span style="font-weight: bold; font-style: italic;">Armance</span> rétrospectivement, maintenant que j&#8217;en ai terminé la lecture. En effet, j&#8217;ai terminé ce roman &#8211; pourtant très court !- assez difficilement. Pourtant, je ne regrette aucunement de l&#8217;avoir choisi ; c&#8217;est en y réfléchissant ensuite que je lui ai donné un sens. On sent que l&#8217;écriture de Stendhal est en pleine mutation : elle me semble en effet plus classique, moins incisive que dans <span style="font-style: italic; font-weight: bold;">Le Rouge et le Noir</span> ou <span style="font-style: italic; font-weight: bold;">La Chartreuse de Parme</span>, mais de temps à autres, on voit apparaître des piques, des allusions ou des motifs propres à l&#8217;univers stendhalien. Les notes de mon édition apportant des commentaires écrits en marge par l&#8217;auteur lui-même, montrent un travail en train de se faire : l&#8217;auteur cherche en effet l&#8217;obscurité, glisse des allusions codées, joue avec les épigraphes. Seulement, on peut penser que Stendhal, en jonglant avec tous ces procédés, a fini, dans Armance, par être un peu trop mystérieux &#8230; Et le lecteur peut facilement se perdre dans ce récit. Ce fut néanmoins une lecture particulièrement intéressante, ce roman préfigurant par de nombreux éléments les œuvres romanesques majeures du même auteur.<br />
Invitation au décryptage, pour les amateurs.</p>
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		<title>La chartreuse de Parme</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Apr 2008 14:20:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nibelheim</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur: Stendhal 1ère édition : 1839 Ma note : Le roman se divise en deux parties et nous conte les aventures d&#8217;un jeune noble superstitieux et naïf, Fabrice del Dongo, suivant un idéal napoléonien en miettes et cherchant à comprendre ce qu&#8217;est l&#8217;amour en multipliant les aventures. Jusque là, rien qui semble bien original, mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft alignnone size-medium wp-image-68" style="border: 1px solid black; margin-left: 5px; margin-right: 5px; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px; float: left;" title="chartreusedeparme" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2008/04/chartreusedeparme.jpg" alt="La chartreuse de Parme, Stendhal" width="127" height="210" /><strong>Auteur</strong>: Stendhal<em><br />
</em><strong>1ère édition</strong> : 1839<strong><br />
</strong><strong>Ma note</strong> : <img class="alignnone size-medium wp-image-17" title="5" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2008/04/5.gif" alt="" width="70" height="15" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le roman se divise en deux parties et nous conte les aventures d&#8217;un jeune noble superstitieux et naïf, <span style="font-style: italic;">Fabrice del Dongo, s</span>uivant un idéal napoléonien en miettes et cherchant à comprendre ce qu&#8217;est l&#8217;amour en multipliant les aventures. Jusque là, rien qui semble bien original, mais le narrateur nous plonge dans un tourbillon de péripéties sur fond d&#8217;intrigues politiques et de manipulations. Un peu comme <span style="font-weight: bold; font-style: italic;">La foire aux Vanités</span> de Thackeray, <span style="font-weight: bold; font-style: italic;">La chartreuse de Parme</span> semble être un roman sans véritable héros car, bien que Fabrice soit parfois désigné par le narrateur comme &#8220;<span style="font-style: italic;">notre héros</span>&#8221; et que ce soit bien son histoire que l&#8217;on suit de bout en bout, parfois de très loin, le roman s&#8217;attarde tout de même sur d&#8217;autres personnages, tout aussi intéressants d&#8217;un point de vue psychologique : <span style="font-style: italic;">Gina del Dongo</span>, tante de Fabrice, <span style="font-style: italic;">le comte Mosca</span>, amoureux de cette dernière ou encore <span style="font-style: italic;">Clélia Conti</span>, véritable <span style="font-style: italic; font-weight: bold;">Princesse de Clèves</span> après l&#8217;heure dont le jeune homme tombera éperdument amoureux. Dans une galerie de personnages somme toute très bien fournie, Stendhal joue donc lui aussi aux marionnettes, et cela dans une atmosphère assez enjouée. Il n&#8217;hésite pas à s&#8217;amuser avec ses pantins de papier, crée même quelques personnages caricaturaux dignes d&#8217;un d&#8217;opéra-bouffe, les faisant apparaître et disparaître à son gré dans le gigantesque théâtre qu&#8217;est la cour de Parme.</p>
<p style="text-align: justify;">Le romanesque et le merveilleux occupent une place importante dans ce roman qui s&#8217;apparente un peu à un conte philosophique : même ironie, même recul de la part du narrateur, même gratuité de certains évènements, même flou spatio-temporel &#8211; <span style="font-size: 85%;"><span style="font-style: italic;">notamment les personnages qui ne cessent de changer d&#8217;âge, par inadvertance d&#8217;auteur ou par appréciation de la part des autres personnages</span></span>. A travers l&#8217;histoire de l&#8217;emprisonnement, de l&#8217;amour du prisonnier avec la fille du geôlier, l&#8217;évasion pleine de risque, les combats à l&#8217;épée, on retrouve un peu un <span style="font-style: italic;">merveilleux oriental</span> tel celui que l&#8217;on rencontre dans les contes des <span style="font-weight: bold; font-style: italic;">Mille et Une Nuits</span>. Pourtant, les protagonistes ont une véritable épaisseur psychologique et sentimentale. Sans être vraisemblables, il sont crédibles et on s&#8217;attache à eux, à leurs petites aventures, bien malgré nous. C&#8217;est pourquoi la toute fin du roman semble un peu rapide : tout à fait tragique, elle s&#8217;expédie en deux pages tout au plus. Cela frustre un peu le lecteur, attaché à la vie de personnages qu&#8217;il suit depuis le début, mais cela participe à cette volonté du narrateur de garder ses distances par rapport à ses pantins et de continuer à les traiter comme de simples marionnettes qu&#8217;il range au placard, une fois le spectacle terminé.</p>
<p>L&#8217;émotion est pourtant bien présente : <span style="font-weight: bold; font-style: italic;">La chartreuse de Parme</span> représente finalement un parfait équilibre entre tragique et comique, héroïsme et bassesse, sublime et grotesque. Dès qu&#8217;une scène se fait trop touchante, Stendhal introduit soudain un personnage de papier particulièrement ridicule, le tragique est soudain désamorcé, on rit de bon coeur &#8230; Et vice versa. Il s&#8217;agit, je le répète, d&#8217;une oeuvre très très riche, assez différente du <span style="font-weight: bold; font-style: italic;">Rouge et le Noir, </span>surtout en ce qui concerne l&#8217;ambiance générale dans laquelle baigne le roman. Pays différent, époque différente : autre atmosphère. Dans le roman baigne une sorte d&#8217;enjouement, de légèreté assez inexpliqués, tandis l&#8217;histoire se précipite à un rythme haletant dans des sursauts et soubresauts divers.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout en incluant critique et satire et tout en illustrant certaines de ses théories sur le sentiment amoureux, Stendhal nous offre donc un roman d&#8217;une réelle <span style="font-style: italic;">fraîcheur</span> qu&#8217;il fut très agréable de découvrir en ces quelques jours ensoleillés.</p>
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