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	<title>Sauvons les auteurs morts qui n&#039;avaient pas la télé &#187; Auteurs</title>
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<title>Sauvons les auteurs morts qui n&#039;avaient pas la télé</title>
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		<title>Clovis, le fondateur</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 07:58:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Visiteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur : Godefroid Kurth Éditeur : Tallandier 1ère édition : 1893 La note de Pikkendorff : Résumé Comme toutes les sciences humaines, l&#8217;histoire elle aussi a ses précurseurs. Peu connu en France, l&#8217;historien belge Godefroy Kurth est pourtant un peu le pendant d&#8217;un Renan ou d&#8217;un Fustel de Coulanges. Brillant médiéviste, professeur d&#8217;université à vingt-cinq [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-381" style="border: 1px solid black; margin: 10px;" title="clovis le fondateur" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2010/09/clovis-le-fondateur1.jpg" alt="" width="192" height="297" />Auteur </strong>: Godefroid Kurth<br />
<strong>Éditeur </strong>: Tallandier<br />
<strong>1ère édition</strong> : 1893<br />
<strong>La note </strong><strong>de <a href="http://quidhodieagisti.kazeo.com/" target="_blank">Pikkendorff</a></strong> : <img src="http://lectures.elvenbook.com/blogs/media/blogs/all/3.gif" alt="4" width="70" height="15" /></p>
<p><strong>Résumé</strong><br />
<em>Comme toutes les sciences humaines, l&#8217;histoire elle aussi a ses précurseurs. Peu connu en France, l&#8217;historien belge Godefroy Kurth est pourtant un peu le pendant d&#8217;un Renan ou d&#8217;un Fustel de Coulanges. Brillant médiéviste, professeur d&#8217;université à vingt-cinq ans, il donne toute sa mesure dans cette biographie de Clovis, la première jamais écrite (elle fut publiée en 1893 pour la première fois). Parti d&#8217;une documentation très fragmentaire, il est parvenu à donner une vision complète de celui qui a unifié les royaumes francs et fut le premier prince barbare converti au christianisme. Cette conversion et son mariage avec la chrétienne Clotilde lui assurèrent la collaboration des évêques pour affermir son autorité.<br />
Certes, comme tout travail historique, cet ouvrage est fils de son époque et constitue en lui-même un document sur une certaine façon de faire de l&#8217;histoire, qui visait aussi à démontrer la supériorité du christianisme. Mais cela ne doit pas arrêter le lecteur, car la qualité du travail paléographique et la puissance de cette synthèse pionnière en font un ouvrage toujours consulté par les spécialistes.</em></p>
<p><strong>L&#8217;avis de <a href="http://quidhodieagisti.kazeo.com/" target="_blank">Pikkendorff</a></strong></p>
<p>Comment Clovis (466-511), fils de Mérovée, Roi des Francs Saliens, en trente années de batailles, de déplacement, de victoires et parfois de défaites sut-il construire un espace, une nation, un futur là où d&#8217;autres, parfois plus forts, ont échoué ?   C’est le thème de la toute première biographie consacrée à Clovis écrite en 1893, sur un ton très enlevé, par Godefroy Kurth (1847-1916), pionnier de l’école historique de Belgique. Rare dans la production historique, Godefroy Kurth écrit avec chaleur, son écriture vive n’a pas vieilli et il donne de l’épaisseur et du rythme aux âges lointains. À l’instar d’un romancier, il vit avec ses personnages, s’enthousiasme et condamne. Les sources sont critiquées, les légendes utilisées et comme dites Godefroy Kurth : « <em>Mais on ne sait s’il faut croire de tels récits, et dans l’histoire de ces temps obscurs il faut renoncer à une précision qui ne s’obtiendrait qu’au prix de l’exactitude </em>».   Intéressant à plus d’un titre parce qu’écrit par un Belge à la fin du  XIXe, nous évitons la récupération à des fins de politique interne française sans éviter bien sur les Belges avec l’indépendance de 1830 et un rôle surpondéré de l’Église catholique. L’Empire de Rome souffre. Depuis le milieu du IIIe siècle, la pression à ses frontières se fait plus forte. Son âme, sa vertu qui fit sa force, a disparu. Démontrée par la chute de la démographie, l’envie de vivre, de créer a disparu. Appelée une mission évangélique universelle (catholica), la nécessité de Rome est mise en question par la jeune Église catholique. La création de la Cité de Dieu hors la Cité des  hommes appelée par l’Évêque d’Hippone, Saint Augustin (354-430), ne serait-elle pas autre chose que l’appel à l’indépendance de l’Église vis-à-vis de l’Empire, de Rome, qui l’a vu grandir en son sein. Le coup fatal est porté en 406, les lîmes du Rhin sont débordées.   Passant sur le corps des Francs, des Alamans et des Légions, les peuples germaniques (Ostrogoths, Visigoths, Alains, Suèves, Vandales…) déferlent sur la Gaule. De Trêves et Cologne, Rome se replie sur Arles (prise de Rome par les Ostrogoths d’Alaric en 410). La race franque se trouve libre de ses mouvements. Le Vème siècle vit la fin de l’Empire romain d’Occident avec la mort d’Aetius (395 — 454), son dernier général, celui qui vainquit Attila (451). En trente années Clovis et les Francs établirent leur autorité depuis la Belgique seconde jusqu’aux Pyrénées, de l’Alsace à l’Aquitaine laissant la Bretagne aux Bretons et la Provence aux Visigoths appuyés par les Ostrogoths installés en Italie et avec le Rhin comme frontière du nord après sa victoire sur les Francs ripuaires. Et ces frontières semblent être presque celle de notre France avec au Nord le lieu des disputes des  17, 18, 19es siècles. Il faut lire l’excellent ouvrage pour comprendre pourquoi les Suèves ne surent s’installer durablement en Espagne, les Ostrogoths en Italie ou les Visigoths en Provence. Homme de guerre et homme d’État, Clovis sut à  la fois accepter comme frères tout peuple germanique et faire souche avec les Gallo-Romains au point que tous se reconnurent en peu de temps pour Francs dans ce nouveau pays. Homme politique, il sut établir et faire accepter des Lois visant à une coexistence entre paganisme, arianisme et catholicisme remplaçant l’Empire après plus d’un siècle de guerre et de massacre. Et toujours en Occident le rôle des femmes et de la première d’entre elles, Clotilde et bien sûr celui de l’Église catholique et de ses évêques tels entre autres Saint Rémi ou Sidoine  Apollinaire.   Certes les Parisii l’accueillirent à Lutèce où il établit sa résidence rive gauche, mais Clovis et les Mérovingiens puis Charlemagne et les Carolingiens furent les fils du Nord. Ils appartiennent autant à la France qu’à la Belgique, les Pays-Bas ou l’Allemagne.</p>
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		<title>L&#8217;Astrée</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 11:19:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Visiteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur : Honoré d&#8217;Urfé Éditeur : Folio 1ère édition : 1607 La note d&#8217;EstelleCalim : Résumé L&#8217;Astrée n&#8217;est pas seulement un traité d&#8217;éducation sentimentale et une somme de casuistique amoureuse. C&#8217;est aussi un roman des origines nationales : les bergers du Lignon sont des Français à l&#8217;état pur, des Gaulois qui ont résisté à l&#8217;invasion [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-355" style="border: 1px solid black; margin: 10px;" title="urfe2" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2010/08/urfe2.jpg" alt="" width="210" height="344" />Auteur </strong>: Honoré d&#8217;Urfé<br />
<strong>Éditeur </strong>: Folio<br />
<strong>1ère édition</strong> : 1607<br />
<strong>La note</strong><strong> d&#8217;<a href="http://lirerelire.blogspot.com/" target="_blank">EstelleCalim</a> </strong><strong> </strong> : <img src="http://lectures.elvenbook.com/blogs/media/blogs/all/4.gif" alt="4" /></p>
<p><strong>Résumé</strong><br />
<em>L&#8217;Astrée n&#8217;est pas seulement un traité d&#8217;éducation sentimentale et une  somme de casuistique amoureuse.  C&#8217;est aussi un roman des origines nationales : les bergers du Lignon  sont des Français à l&#8217;état pur, des Gaulois qui ont résisté à l&#8217;invasion  des &#8221; usurpateurs &#8221; romains et de leurs faux dieux, préservé les  coutumes et les libertés de l&#8217;ancienne France.  Au moment où se développe le mythe celtique et où Henri IV entreprend de  refaire l&#8217;unité nationale, L&#8217;Astrée apparaît, par rapport à l&#8217;Italie et  à Rome, comme une tentative de décolonisation culturelle.</em></p>
<p><strong>L&#8217;avis d&#8217;<a href="http://lirerelire.blogspot.com/" target="_blank">EstelleCalim</a> </strong><br />
Le résumé de l&#8217;un des premiers romans chorales de la littérature française est difficile à faire. Publié en plusieurs livraisons, de 1607 à 1627, il est composé de six  parties. Les trois premières ont été écrites par d&#8217;Urfé, mais lorsqu&#8217;il décède, la quatrième partie entamée est terminée par son secrétaire. L&#8217;édition Folio présente une cinquième et une sixième parties, probablement rédigées par le Sieur de Gaubertin, qui sont assez différentes des quatre premières. Bien entendu, pour lire ce roman, il faut se mettre dans l&#8217;esprit. L&#8217;écriture du XVIIe siècle n&#8217;est pas spécialement en vogue de nos jours et on peut être un peu désarçonné. Mais j&#8217;aime chercher les clés de ce genre de roman, essayer de deviner quel est le personnage de cour décrit sous un autre nom. L&#8217;auteur voulait proposer aux aristocrates de son temps un modèle moral, politique, philosophique. Le roman présente le principe d&#8217;une « honnête amitié » et se veut un « miroir des princes ». Une fois ce présupposé énoncé, c&#8217;est plutôt amusant à lire. Il y a de nombreux rebondissements et les personnages reparaissent régulièrement, l&#8217;auteur ayant construit son œuvre de façon assez ordonnée. J&#8217;avais déjà lu le <em>Roman comique</em> de Scarron que j&#8217;avais beaucoup apprécié (mais il est inachevé). J&#8217;ai bien aimé celui-ci aussi.</p>
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		<title>Le combat avec le démon</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 16:23:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Visiteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur : Stefan Zweig Titre original : Der kampf mit dem dämon Éditeur : LivreDePoche 1ère édition : 1937 La note de Pikkendorff : Résumé Kleist, Hölderlin, Nietzsche : trois destinées fulgurantes et sombres, où les éclairs du génie créateur illuminent des vies brèves, en proie à l&#8217;excès, à la démesure, à la folie. Comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-337" style="border: 1px solid black; margin: 10px;" title="le combat avec le démon" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2010/08/le-combat-avec-le-démon.jpg" alt="" width="200" height="324" /><strong>Auteur </strong>: Stefan Zweig<br />
<strong>Titre original</strong> : <em>Der kampf mit dem dämon</em><br />
<strong>Éditeur </strong>: LivreDePoche<br />
<strong>1ère édition</strong> : 1937<br />
<strong>La note </strong><strong>de <a href="http://quidhodieagisti.kazeo.com/" target="_blank">Pikkendorff</a></strong> : <img src="http://lectures.elvenbook.com/blogs/media/blogs/all/5.gif" alt="5" /></p>
<p><strong>Résumé </strong><br />
<em>Kleist, Hölderlin, Nietzsche : trois destinées fulgurantes et sombres, où les éclairs du génie créateur illuminent des vies brèves, en proie à l&#8217;excès, à la démesure, à la folie. Comme il l&#8217;a fait dans Trois poètes de leur vie, Stefan Zweig rapproche ici ces figures animées par un même mouvement intérieur. Pour ces errants, à peu près ignorés de leur vivant, la pensée ou la création ne sont pas cette sereine construction d&#8217;un idéal d&#8217;harmonie et de raison dont Goethe donne l&#8217;exemple accompli; elles ne peuvent naître que dans le corps à corps avec un démon intérieur qui fait d&#8217;eux les fils de Dionysos, déchiré par ses chiens. C&#8217;est en romancier, grâce à l&#8217;intuition et à la fraternité d&#8217;âme, que l&#8217;auteur d&#8217;Amok et du joueur d&#8217;échecs, fasciné par les dimensions les plus mystérieuses de l&#8217;esprit humain, mène ces évocations, dont bien des pages sont d&#8217;inoubliables morceaux littéraires.</em></p>
<p><strong>L&#8217;avis de <a href="http://quidhodieagisti.kazeo.com/" target="_blank">Pikkendorff</a></strong><br />
J’ai lu pour l’heure la partie consacrée à Frédéric Nietzsche. Ce texte dense de 90 pages possède une force de pénétration stupéfiante qui n’étonnera pas les connaisseurs de Sweig.    Que l’on soit lecteur ou non de Frédéric Nietzsche, nul ne saurait passer à côté de ce monument de compréhension intime du philosophe qui vous imposera une nouvelle plongée dangereuse dans Zarathoustra, Ecce Homo ou le Gai Savoir.  L’ami de Freud décrit l’homme en ses multiples dimensions, psychologique en digne ami et disciple du grand viennois, et celles du philosophe ou plutôt du philalèthe, ami de l’Alètheia plutôt que de Sophia, et bien sûr de l’écrivain. Nietzsche bouscule les idées, le système et aussi la langue allemande lui imprimant un rythme sonore qui devient musique.</p>
<p>« <em>Il est donné aux  natures possédées du démon de reprendre la notion depuis longtemps banalisée et tempéré pour la transporter dans un chaos créateur, dans une sphère de tension infinie. […]  Une sincérité comme celle de Nietzsche n’a plus rien de commun avec l’instinct de prudence domestiqué, dompté et tout à fait tempéré des marchands, pas plus qu’avec la sincérité grossière et brutale de nombre de penseurs qui, portant à droite et à gauche des œillères, ne se précipitent que sur la voie d’une seule vérité, la leur. </em>»      « <em>L’homme qui connaissait si bien Hölderlin, Kleist et Nietzsche devait être un de leurs frères</em> », écrivait un de ses proches après le suicide de Stefan Zweig en 1942.</p>
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		<title>Armadale</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 11:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mme Charlotte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur : Wilkie Collins Titre original : Armadale Éditeur : Phébus Libretto 1ère édition : 1868 Ma note : Résumé Selon Borges et Henry James, sur ce point d&#8217;accord, s&#8217;il fallait se résoudre à ne lire qu&#8217;un seul livre de Collins – ce qui est en soi une contrainte insupportable – il faudrait que ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-3399" style="border: 1px solid black; margin: 10px;" title="armadale" src="http://lectures.madamecharlotte.com/bibliofolle/wp-content/uploads/2010/02/armadale.jpg" alt="" width="180" height="272" />Auteur </strong>: Wilkie Collins<br />
<strong>Titre original</strong> : <em>Armadale</em><br />
<strong>Éditeur </strong>: Phébus Libretto<br />
<strong>1ère édition</strong> : 1868<br />
<strong>Ma note </strong>: <img title="coup de coeur" src="http://lectures.elvenbook.com/blogs/media/blogs/all/coeur01.png" alt="coup de coeur" width="16" height="16" /></p>
<p><strong>Résumé </strong><br />
<em>Selon Borges et Henry James, sur ce point d&#8217;accord, s&#8217;il fallait se résoudre à ne lire qu&#8217;un seul livre de Collins – ce qui est en soi une contrainte insupportable – il faudrait que ce soit Armadale : car ces 800 pages foisonnantes embrassent à peu près tous les registres où se complaît d&#8217;ordinaire l&#8217;écrivain, humour bien noir compris.Un livre dont l&#8217;unique but, prévenons tout de suite l&#8217;innocent lecteur, est d&#8217;égarer celui qui aura eu l&#8217;imprudence de l&#8217;ouvrir. Résumons : Tous deux s&#8217;appellent Allan Armadale : l&#8217;un est tout ce que l&#8217;autre n&#8217;est pas ; l&#8217;un sait, surtout, ce que l&#8217;autre ne sait pas – et l&#8217;un des deux, semble-t-il, est de trop sur cette terre. A partir du thème éternel de la rivalité entre Caïn et Abel (amour et haine confondus), Wilkie Collins brode une intrigue au fil de laquelle le lecteur est convié à toutes les conjectures, c&#8217;est-à-dire à tous les égarements : 800 pages de déambulation à l&#8217;intérieur d&#8217;un labyrinthe où les personnages et le destin rivalisent d&#8217;imagination – et de perversité –, 800 pages de machinations, de complots et de mensonges, au terme desquelles, délicieusement mis à mal, nous espérons malgré tout découvrir ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler la vérité.Conclusion de Henry James : « Il introduit dans l&#8217;espace romanesque le plus mystérieux des mystères : celui qui se cache derrière nos portes. »Passage en collection « Libretto » d&#8217;Armadale, selon Borges le plus grand roman de Wilkie Collins (l&#8217;inventeur du thriller). 800 pages de frissons et d&#8217;égarements garantis.Selon Michel Le Bris, préfacier enthousiaste de l&#8217;ouvrage : « L&#8217;indécence au service du suspense ».</em></p>
<p><strong>Mon avis </strong><br />
Les mots me manquent, les bras m&#8217;en tombent. L&#8217;un dans l&#8217;autre ce billet promet de ne pas briller par son contenu, mais que faire, que dire après un tel monument qui m&#8217;a procuré une extase sans nom ? Wilkie Collins nous balance un bon gros pavé bourré de personnages magnifiques et hauts en couleurs, des intrigues tortueuses, des rebondissements, des secrets inavouables, des âmes tourmentées, une société victorienne avec ses défauts mais avec cette ambiance qui me ravit.<br />
Le meilleur de maître Wilkie est développé à son maximum dans Armadale.</p>
<p>Un antagonisme prédestiné, une dualité troublante dans laquelle l&#8217;innocence et l&#8217;ignorance de l&#8217;un contrebalance la connaissance et la paranoïa de l&#8217;autre.<br />
Les deux Armadale forme un duo improbable, deux personnalités que tout sépare, riches et complexes. On pourrait parler des heures de ce roman sublime, malheureusement le temps me manque et à moins de faire une dissertation de 3612 pages qui de toute façons ne suffirait pas à faire le tour de la question, la chose me parait vaine. Notons cependant un personnage que j&#8217;ai adoré (parmi d&#8217;autres !), une méchante vilaine pas sympa du tout mais finalement très attachante, spécimen anachronique de femme fatale.</p>
<p>Pour finir et avant de m&#8217;enfoncer d&#8217;avantage, voici un extrait qui suffira à illustrer l&#8217;humour et la finesse de Wilkie :</p>
<blockquote><p>&#8220;Quand vous dites non à une femme, monsieur, dites-le toujours en un seul mot. Si vous lui donnez des raisons, elle croit invariablement que vous voulez lui dire oui.&#8221;</p></blockquote>
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		<title>Les Mystères de Morley Court</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Dec 2009 10:40:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>myloubook</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur: J. Sheridan Le Fanu Éditeur : Phébus 1ère édition : 1873 Ma note: Présentation de l&#8217;éditeur Cette première œuvre de Le Fanu, parue en 184, n&#8217;avait jamais été traduite en français : elle ne décevra pas les amateurs de thrillers, d&#8217;émotions fortes et d&#8217;aventures sombres et fantastiques. Dans l&#8217;Irlande du début du XVIIIe siècle, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft" style="border: 1px solid black; margin: 10px;" src="http://www.myloubook.com/media/02/01/1737386710.jpg" alt="" width="102" height="150" />Auteur</strong>: J. Sheridan Le Fanu<br />
<strong>Éditeur </strong>: Phébus<br />
<strong>1ère édition</strong> : 1873<br />
<strong>Ma note</strong>:</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-16" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2008/04/4-5.gif" alt="4-5" width="70" height="15" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Présentation de l&#8217;éditeur</strong><br />
Cette première œuvre de Le Fanu, parue en 184, n&#8217;avait jamais été traduite en français : elle ne décevra pas les amateurs de thrillers, d&#8217;émotions fortes et d&#8217;aventures sombres et fantastiques. Dans l&#8217;Irlande du début du XVIIIe siècle, la jeune Mary Ashwoode voit ses amours avec le bel O&#8217;Connor contrariées par les plans machiavéliques d&#8217;un père monstrueux qui veut la spolier de sa fortune et lui faire épouser un barbon ridicule. Puis, après la mort mystérieuse de Sir Richard, elle devient la victime de son fils, un libertin criblé de dettes tombé sous la coupe du sinistre Blarden&#8230; Dans la lignée de Walter Scott et de Lu Fiancée de Lammermoor, nous retrouvons ici l&#8217;éternel combat de la jeunesse et de l&#8217;innocence contre un ordre patriarcal inhumain fondé sur des privilèges de caste et de fortune. Même si les figures pittoresques des domestiques et l&#8217;évocation des tripots de Dublin forment un plaisant contrepoint à cet univers oppressant, ce sont l&#8217;angoisse et la violence qui dominent. Nuits d&#8217;orage, duels, chevauchées, poursuites entretiennent l&#8217;atmosphère de frénésie chère au roman &#8221; gothique &#8220;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mon avis :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">De Le Fanu je connaissais <em>Carmilla</em> – ou <em>Camilla</em>, selon les éditions. D’où une assimilation de cet auteur au gothique, au roman populaire et à un petit côté sulfureux et sensuel. Les excellents <em>Mystères de Morley Court</em> sont d’un genre tout à fait différent et, si le titre et la couverture annoncent plutôt des histoires de fantômes et de jeunes filles séquestrées à la Dumas ou à la Radcliffe, ce livre s’ancre dans la tradition du roman d’aventures cher au XIXe.</p>
<p style="text-align: justify;">S’il y a une chose que j’adore et dont je ne me lasse pas, c’est le grand manichéisme des personnages, si parfait, si symbolique qu’il caractérise le paysage aussi sûrement que le fog a marqué les rues de Londres. On pourrait tous les mettre dans des petites cases ou, plus victorien, dans de charmantes petites maisons de poupées compartimentées : dans le salon, les femmes jeunes, faibles, sans défense, sujettes aux évanouissements et n’ayant pas la moindre once de jugement quand il s’agit d’envisager les perfidies de ce monde de brigands… ; dans la cour, les hommes valeureux, intelligents, bons, justes, prêts à sacrifier leur vie pour une question d’honneur… si possible de sang noble, c’est encore mieux – et s’ils sont a priori pauvres et de basse extraction, on leur trouvera très souvent comme par hasard une généalogie faite de particules ou un oncle millionnaire à la fin du roman ; au grenier, les fourbes, en majorité très laids et effrayants – mais pas toujours, dont l’âme a atteint une noirceur telle qu’ils deviennent incapables de la moindre bonne action ; au milieu, dans la cuisine, quelques adjuvants du bien ou du mal, insignifiants ou amusants, au choix.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Mystères de Morley Court</em> ne dérogent pas à la règle. Début XVIIIe, en Irlande. Le jeune O’Connor, parti guerroyer pendant trois ans, revient épouser sa belle, la jeune Mary, gentille, douce, musicienne et insipide. Ayant désormais un protecteur prêt à lui accorder une rente très confortable et à le faire hériter de sa fortune, O’Connor pense obtenir le consentement de l’horrible Lord Richard Ashwoode, le père de Mary. Mais le baron en question a d’autres projets pour sa fille et parvient à brouiller les deux jeunes gens en interceptant les lettres enflammées qu’ils se transmettent. Ah ! Que la vie d’héroïne au XIXe est difficile ! Dès lors, les complots se multiplient, les retournements de situation s’enchaînent. La question étant : Mary et O’Connor vont-ils se retrouver, se marier, vivre heureux etc ? Les plans infâmes des Ashwoode père et fils vont-ils aboutir ? Je n’en dirai pas plus sur le déroulement de l’histoire, pourtant riche en péripéties – à ce sujet le résumé de l’éditeur donne à mon avis beaucoup trop d’indications et, si vous le lisez, vous vous attendrez comme moi à un décès immédiat qui ne surviendra qu’au bout de 150 ou 200 p.</p>
<p style="text-align: justify;">Autant le dire tout de suite : nos héros jouent de malchance, tout semble se retourner contre eux, ce qui va inquiéter le lecteur tout au long des quelques 450 p qui ne semblent presque jamais annoncer un revirement positif de façon durable.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette lecture a été pour moi une excellente surprise car je ne m’attendais pas du tout à ce type de texte de la part de Le Fanu. J’ai pensé à Pauline de Dumas ou aux Chroniques du Règne de Charles IX de Mérimée, dont les rebondissements et les personnages n’étaient pas si différents. Le style, la construction évoquent les parutions en feuilleton chères au XIXe – j’imagine que c’est le mode de publication utilisé ici aussi.</p>
<p style="text-align: justify;">Si j’adore les personnages caricaturaux à la Dickens et trouve le jeune héros vaillant séduisant bien qu’un peu ridicule, je dois avouer que je supporte difficilement l’oie blanche traditionnelle. J’ai donc pris un malin plaisir à suivre les réactions de Mary face au complot qui se tramait (« oh ! mais comment se fait-il que mon frère ne comprenne pas que je n’aime pas trop son ami par ailleurs un peu mal élevé ? Je ne vais pas du tout imaginer qu’il va comploter contre moi ! Non non non, si mon frère est tout le temps désagréable avec moi c’est parce que c’est un homme, il cache sûrement ses sentiments réels mais je sais qu’au fond de lui il m’aime vraiment et me protégera contre tous les vilains méchants pas beaux jusqu’à la fin des temps, juste parce que je suis sa sœur fidèle et dévouée ! »). Lorsque, grâce à sa nouvelle femme de chambre, gentille mais plus dégourdie, Mary commence à se rebeller, j’ai commencé à revoir mon jugement. Mais le sursaut de l’insupportable créature falote a été bien bref. Damn it !</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement pour moi, Le Fanu trouvait sans doute son héroïne assez ennuyeuse lui aussi. Nous ne la voyons pas beaucoup donc et, le reste du temps, l’histoire est palpitante, sombre, drôle, parfois grotesque, le tout dans un environnement délicieux (manoirs, routes désertes la nuit, vieilles auberges tenues par des gens peu fréquentables, tripots, combats de coqs, jeux de carte, duels). Intrigue et héroïsme s’opposent de bout en bout pour notre plus grand plaisir. Ajoutons à cela une galerie de personnages secondaires irrésistibles et pleins d’humour et nous aurons brossé un portrait rapide de ce roman passionnant, classique méconnu à redécouvrir, à lire et, dans quelques années, à relire.</p>
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		<title>Melmoth</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 21:26:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mme Charlotte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur : Charles Robert Maturin Éditeur : Phébus/Libretto Ma note : Résumé : John Melmoth quitte provisoirement son collège de Dublin pour se rendre au chevet de son oncle mourant. Dès le décès de celui-ci le jeune homme va découvrir d&#8217;histoire étrange de l&#8217;un de ses ancêtres, prétexte à plusieurs récits imbriqués qui tissent autour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-3207" style="border: 1px solid black; margin: 10px;" title="melmoth" src="http://lectures.madamecharlotte.com/bibliofolle/wp-content/uploads/2009/12/melmoth.jpg" alt="melmoth" width="158" height="236" />Auteur </strong>:  Charles Robert Maturin<br />
<strong>Éditeur </strong>: Phébus/Libretto<br />
<strong>Ma note </strong>:<img class="alignnone" src="http://lectures.madamecharlotte.com/bibliofolle/wp-content/uploads/2007/09/coeur01.png" alt="coeur" width="16" height="16" /></p>
<p><strong>Résumé </strong>:<br />
<em>John Melmoth quitte provisoirement son collège de Dublin pour se rendre au chevet de son oncle mourant. Dès le décès de celui-ci le jeune homme va découvrir d&#8217;histoire étrange de l&#8217;un de ses ancêtres, prétexte à plusieurs récits imbriqués qui tissent autour du personnage de l&#8217;homme errant une aura de mystère et de crainte.</em></p>
<p><strong>Mon avis :</strong><br />
Gros pavé que voilà mais ô combien jouissif ! Monument du roman gothique, romantique et fantastique, le Melmoth de Maturin nous offre là une fresque recouvrant tous les aspects du mythe de Faust, du suppôt de Satan errant parmi les hommes. Dépaysant et complexe dans sa construction, ce roman a pour héros un personnage quasiment absent, dont chaque récit, écrits, rapportés, offre  un nouveau décor, un nouveau thème. Les différents récits nous transportent des geôles de l&#8217;Inquisition aux jungles idylliques de l&#8217;Inde.<br />
<em>L&#8217;histoire de John Melmoth</em> nous met dans l&#8217;ambiance, tandis que le récit suivant, <em>L&#8217;histoire de Stanton</em>, nous relate l&#8217;enfermement d&#8217;un innocent dans un asile d&#8217;aliéné, avant de nous plonger dans l&#8217;horreur avec <em>Récit de l&#8217;espagnol</em>, où un jeune aristocrate, destiné à la vie monacale par sa famille, tente de fuir sa triste condition. Un peu longue, cette histoire n&#8217;en est pas moins prenante, noire et violente, une dénonciation claire du fanatisme religieux. <em>L&#8217;histoire des indiens</em> confronte Melmoth à ses derniers penchants humains, le poussant, par la force de sa condition à corrompre l&#8217;amour, dont il fait d&#8217;ailleurs une description sublime et inattendue dans la bouche d&#8217;un tel personnage. Cette histoire est lumineuse et noire à la fois, l&#8217;espoir et l&#8217;innocence y côtoient la fatalité. Interrompue par <em>L&#8217;histoire des amants</em>, tragique et bouleversante, elle s&#8217;achève d&#8217;une manière cruelle et violente.</p>
<p>En bref, un roman multiple et un personnage aussi fascinant qu&#8217;absent, un style riche et jubilatoire, superbe. Un tour de force littéraire dont il est difficile de parler et qui me laisse béate d&#8217;admiration.</p>
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		<title>Les Cenci</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Aug 2009 17:06:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mme Charlotte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur: Alexandre Dumas Éditeur : André Versailles 1ère édition : 1839-40 (in Les crimes célèbres) Ma note : Résumé Rome, 1599. Une épouse, Lucrezia Cenci, qui a trop souffert des odieux traitements que lui inflige son époux, s’associe à sa fille et à l’un de ses fils, tous deux également victimes de leur père psychopathe, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-2999" style="border: 1px solid black; margin: 3px 10px;" title="cenci" src="http://lectures.madamecharlotte.com/bibliofolle/wp-content/uploads/2009/08/cenci.gif" alt="cenci" width="170" height="247" />Auteur</strong>: Alexandre Dumas<br />
<strong>Éditeur </strong>: André Versailles<br />
<strong>1ère édition</strong> : 1839-40 (in <em>Les        crimes célèbres</em>)<br />
<strong>Ma note </strong>:<br />
<img class="alignnone size-full wp-image-782" title="3" src="http://lectures.madamecharlotte.com/bibliofolle/wp-content/uploads/2008/04/3.gif" alt="3" width="70" height="15" /></p>
<p><strong>Résumé</strong></p>
<p><em>Rome, 1599. Une épouse, Lucrezia Cenci, qui a trop souffert des odieux traitements que lui inflige son époux, s’associe à sa fille et à l’un de ses fils, tous deux également victimes de leur père psychopathe, pour organiser l’assassinat du tyran.</em></p>
<p><em>Sous la plume incisive de Dumas, nous assistons aux préparatifs, puis au meurtre du père, mais aussi au déroulement d&#8217;une enquête impitoyable et palpitante.</em></p>
<p><strong>Mon avis</strong></p>
<p>Je suis une lâche, un grosse feignasse. J&#8217;ai pas loin de 5000 pages de Dumas qui m&#8217;attendent dans ma PAL, reparties sur 4 volumes comprenant les <strong>Mohicans de Paris</strong>, <strong>Olympe de Clèves</strong> et <strong>La San Felice</strong>. Et je ne compte pas <strong>Le chevalier de Maison-Rouge</strong> en poche. Et voilà que je ne trouve rien de mieux à faire que de me rabattre sur un tout petit livre riquiqui, de 96 pages, plus petit qu&#8217;un livre de poche, vaguement apparenté à un fascicule. Donc oui je une feignasse mais je m&#8217;assume.</p>
<p>Tout petit livre donc, mais bien joli objet, au papier élégant et à la police délicate. Ce texte est tiré de <strong>Crimes célèbres</strong> que l&#8217;on peut trouver dans leur intégralité chez Phébus, ou du moins chez les bouquinistes et les libraires prévoyants.</p>
<p><a href="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2009/08/bea.jpg"><img class="size-medium wp-image-287 alignleft" style="border: 1px solid black; margin: 5px 10px;" title="bea" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2009/08/bea-228x300.jpg" alt="bea" width="228" height="300" /></a>L&#8217;histoire relate un faits divers sordide qui inspira de nombreux auteurs, tels que Shelley, Stendhal, Artaud ou Moravia.</p>
<p>Béatrix Cenci, fille de Francesco Cenci, abusée et martyrisée par ce père sadique et sanguinaire n&#8217;hésitant pas à s&#8217;adonner aux vices en tous genres, entreprend avec l&#8217;accord et l&#8217;aide de sa belle-mère et de son frère aîné d&#8217;assassiner son tortionnaire. Malgré un déguisement en accident, le meurtre ne tarde pas à être dévoilé. Torturés, soumis à la question, les proches de Béatrix avouent, sauf elle. La jeune fille, victime et coupable, résiste et nie tout en bloc malgré l&#8217;horreur et la souffrance. Elle finira pourtant par céder, poussée par sa famille.<br />
Béatrix symbolise l&#8217;innocence et la pureté malgré les souillures et les avilissements. Déclarée coupable et condamnée à mort, elle incarne l&#8217;image d&#8217;un ange de courage et de dignité.<br />
Malgré la sympathie du peuple de Rome la famille Cenci sera donc exécutée, à l&#8217;exception du plus jeune frère, gracié mais condamné à assister au massacre légal de sa famille.</p>
<p>Que de joies me direz-vous !? Dumas nous restitue les faits froidement, il ne lésine pas sur les détails, parfois avec un brin d&#8217;humour, mais sans fioritures, le lecteur assiste plus qu&#8217;il ne participe. Le texte est plus proche de la chronique que de la nouvelle. En quelques pages il réussit à rendre intense un drame humain qui a laissé des traces dans l&#8217;imaginaire collectif.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2679" title="photo" src="http://lectures.madamecharlotte.com/bibliofolle/wp-content/uploads/2009/06/photo.png" alt="photo" width="16" height="16" /> <span style="font-size: x-small;"><em>Portrait de Beatrice Cenci</em>, Guido Reni, Galleria Nazionale d&#8217;Arte Antica, Rome</span></p>
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		<title>Les mystères de Londres</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Jun 2009 13:54:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mme Charlotte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur: Paul Féval Éditeur : Phébus/Libretto 1ère édition : 1844 Ma note: Résumé : Dans les années 1840, tout Londres ne bruit que des frasques du marquis de Rio-Santo. dandy insolent dont la richesse paraît sans limite, qui subjugue l’aristocratie&#8230; et règne en même temps sur les bas-fonds de la capitale ! Car en dépit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-2690" style="border: 1px solid black; margin: 0px 3px;" title="feval" src="http://lectures.madamecharlotte.com/bibliofolle/wp-content/uploads/2009/06/feval.jpg" alt="feval" width="167" height="250" />Auteur</strong>: Paul Féval<br />
<strong>Éditeur </strong>: Phébus/Libretto<br />
<strong>1ère édition</strong> : 1844<br />
<strong>Ma note</strong>:</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-784" title="4" src="http://lectures.madamecharlotte.com/bibliofolle/wp-content/uploads/2008/04/4.gif" alt="4" width="70" height="15" /></p>
<p><strong>Résumé :</strong><br />
<em>Dans les années 1840, tout Londres ne bruit que des frasques du marquis de Rio-Santo. dandy insolent dont la richesse paraît sans limite, qui subjugue l’aristocratie&#8230; et règne en même temps sur les bas-fonds de la capitale ! Car en dépit de son nom, Rio-Santo est irlandais, et à la tête d’une association de malfaiteurs baptisée Les Gentilshommes de la nuit, il prépare en secret une révolution destinée à libérer l’Irlande. Complots, poursuites, assassinats, nous voici entraînés à un rythme d’enfer de rebondissements en rebondissements, égarés d’une fausse piste à une autre dans ce roman noir moderne écrit en 1844 &#8211; deux ans avant Le Comte de Monte Cristo &#8211; sous le pseudonyme de Francis Trolopp, pour concurrencer Les Mystères de Paris d’Eugène Sue. Mais ces Mystères de Londres, étonnante plongée dans l’ombre des sociétés secrètes, vision hallucinée où se mêlent la réalité sociale à la Dickens et le mystère à la Wilkie Collins, ouvriront à leur auteur les portes du succès.</em></p>
<p><strong>Mon avis :</strong><br />
Mon premier Paul Féval. J&#8217;ai vu et revu le Bossu mais jamais lu. Je démarre donc avec l&#8217;équivalent des <strong>Mystères de Paris</strong>, d&#8217;Eugène Sue (jamais lu non plus !). Paul Féval commença la rédaction des <strong>Mystères de Londres</strong> en 1843 (en réalité une réécriture lointaine des <strong>Mysteries of London</strong> de Reynolds) pour concurrencer le succès de Sue, roman feuilletonnesque à caractère social.</p>
<p>Féval opte clairement pour le roman d&#8217;aventures et d&#8217;intrigues. Celle-ci couvre toutes les classes sociales, des bas-fonds à l&#8217;aristocratie. Dès le départ le récit nous aspire dans plusieurs mystères imbriqués, les personnages sont nombreux, les liens entres eux souvent complexes et pas toujours directs. Autant le dire, ça sent un peu la confusion. Ajoutons à cela une rapidité dans la succession des événements, des malentendus et des quiproquos et on a l&#8217;impression soudaine de se trouver dans un vaudeville. Les portes qui claquent, les personnages qui se dissimulent derrière une porte, un rideau, la jeune fille en pâmoison, le jeune premier plein de verve et de culot, tout y est et même plus !</p>
<p>La galerie de personnages est vraiment impressionnante et là je vais faire la midinette que je ne suis pas (j&#8217;assume entièrement cet écart de conduite) mais j&#8217;adore la marquis de Rio-Santo ! Ah quel homme !<br />
Bien des mystères l&#8217;entourent, lui et son &#8220;œuvre&#8221;. Les personnages gravitant autour sont tous aussi intéressants, même si leur profusion ne permet pas de les approfondir autant qu&#8217;il aurait été possible. Plusieurs histoires sans rapport apparent sont développées en parallèle. On navigue entre les noires ruelles londoniennes et le faste de la noblesse anglaise. Toutefois, nous ne sommes ni chez Zola ni chez Balzac, et ces deux univers ne sont donc pas approfondis comme ils auraient pu l&#8217;être chez les deux sus-nommés qui en avaient fait leur spécialité.<br />
Malgré tout la sauce prend à merveille, on s&#8217;y croirait !<br />
L&#8217;intrigue est assez alambiquée pour être captivante. J&#8217;avoue que les aspects vaudevillesques ne gâchent pas la tension dramatique, c&#8217;est finalement assez bien dosé, même si au départ on se fait un peu peur avec toute cette agitation.</p>
<p>On en apprend progressivement un peu plus sur les différents personnages et leurs motivations. Rio-Santo, homme multiple qui en sait long mais donc le projet serait totalement obscur si la quatrième de couverture n&#8217;en disait pas autant, est un individu déterminé, passionné, qui n&#8217;a qu&#8217;un but et qui utilise tous les outils possibles pour parvenir à ses fins.<br />
Ce roman est hautement jouissif si on aime l&#8217;aventure, les personnages pittoresques, le mystère et les amours contrariées (oui, ça aussi on y a droit !)<br />
J&#8217;avais justement envie de lire ce genre de roman en ce moment, et quelle joie !<br />
Malgré tout, j&#8217;ai quelques toutes petites réserves, de rien du tout, mais quand même.<br />
J&#8217;ai trouvé le dénouement un poil rapide, voire facile. Les clés nous sont données progressivement, le lecteur comprend bien avant les personnages, si bien qu&#8217;il ne reste plus beaucoup de questions, si ce n&#8217;est pour les personnages aux-mêmes.</p>
<p>Néanmoins, malgré quelques facilités, de nouveaux mystères achèvent le roman :</p>
<p><a href='http://classiques.bibliofolie.com/les-mysteres-de-londres/#SID275_1_tgl' title='Visit blog to check out this spoiler'>[[Visit blog to check out this spoiler]]</a></p>
<p>Les dernières lignes du livre sèment un doute, parce que finalement, le lecteur aussi a envie d&#8217;y croire&#8230;</p>
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		<title>Agnes Grey</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Jun 2009 19:47:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>myloubook</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur : Anne Brontë Première édition : 1847 Édition : Gallimard, collection L&#8217;Imaginaire Ma note : Quatrième de couverture : « Miss Grey était une étrange créature ; jamais elle ne flattait et elle était loin de leur faire assez de compliments ; mais, quand elle parlait d&#8217;elles ou de quoi que ce fût qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-full wp-image-266" style="border: 1px solid black; margin: 0px 3px;" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2009/04/agnes-grey.jpg" alt="agnes-grey" width="106" height="160" />Auteur : </strong>Anne <span class="Titre1"> Brontë</span><br />
<strong>Première édition : </strong>1847<br />
<strong>Édition : </strong>Gallimard, collection L&#8217;Imaginaire</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ma note : <img class="alignleft size-full wp-image-16" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2008/04/4-5.gif" alt="4-5" width="70" height="15" /></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Quatrième de couverture</strong> :<br />
<em>« Miss Grey était une étrange créature ; jamais elle ne flattait et elle était loin de leur faire assez de compliments ; mais, quand elle parlait d&#8217;elles ou de quoi que ce fût qui les concernât en termes élogieux, elles pouvaient avoir la certitude que sa bonne opinion était sincère. Elle se montrait dans l&#8217;ensemble très prévenante, discrète et pacifique, mais certaines choses la mettaient hors d&#8217;elle ; certes, cela ne les gênait guère, mais pourtant mieux valait ne pas la désaccorder puisque, lorsqu&#8217;elle était de bonne humeur, elle leur parlait, était fort agréable et pouvait parfois se montrer extrêmement drôle, à sa manière, qui était bien différente de celle de Mère, mais faisait toutefois très bien l&#8217;affaire pour changer. Elle avait des opinions arrêtées sur tout, auxquelles elle restait farouchement attachée&#8230; Des opinions souvent rebutantes, puisqu&#8217;elle pensait toujours en termes de bien et de mal et avait une curieuse révérence pour ce qui touchait à la religion et un penchant incompréhensible pour les honnêtes gens. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mon avis :</strong><em><br />
</em></p>
<p>Fille de pasteur, Agnes Grey décide de devenir gouvernante pour aider financièrement sa famille. Elle travaille d’abord pour les Bloomfield, qui l’accablent de reproches tout en l’empêchant d’avoir la moindre autorité sur une bande d’enfants stupides et foncièrement mauvais. Cruels avec les animaux, capricieux, violents, irrespectueux, incapables d’apprendre leurs leçons, les enfants n’ont d’égaux que leurs parents, absurdes et condescendants. S’ensuit un séjour de quelques années chez les Murray, dont les filles ne sont pas non plus des élèves modèles. Entre l’aînée, jolie, vaine et trop aguicheuse pour une jeune femme bien élevée, et la plus jeune, garçon manqué jurant comme un charretier, Anne doit une fois encore supporter bien des caprices. Puis elle tombe amoureuse de Mr Weston, homme d’église foncièrement bon et intelligent. Tout pourrait s’arranger, jusqu’au jour où, s’apercevant de ses sentiments et persuadée de pouvoir mettre tous les hommes à ses pieds, Miss Murray entreprend de séduire Mr Weston par jeu, empêchant au passage toute rencontre fortuite entre le suffragant et la gouvernante. Miss Murray, vouée à un mariage d’argent, sera-t-elle heureuse? Mr Weston succombera-t-il au charme de l’une ou à la sincérité de l’autre? A vous de le découvrir.</p>
<p>Une fois de plus, j’ai passé un excellent moment en compagnie d’une des sœurs Brontë, bien que ce livre soit assez différent de mes lectures précédentes. Pas de fantastique ou d’influences gothiques par exemple, aucun mystère et une histoire qui semble à première vue un peu moralisatrice, avec des personnages assez manichéens – à l’exception peut-être de Miss Murray, parfois plus touchante malgré son grand égoïsme. Anne est un parangon de vertu et je dois avouer que sa morale irréprochable de fille de pasteur a parfois un petit côté agaçant, y compris lorsqu’elle se dénigre de façon systématique dès qu’il s’agit de sa possible influence sur Mr Weston. Plus ou moins autobiographique, ce charmant roman d’amour avec l’héroïne la moins romantique qui soit peut cela dit passer un trop rapidement pour un texte un peu austère ou un roman pour fleurs bleues.</p>
<p>Regroupé avec les deux titres les plus connus de ses sœurs lors d’une première édition, &#8220;Agnes Grey&#8221; a été rapidement jugé un peu trop traditionnel et inférieur aux romans de ses aînées… tandis que Charlotte elle-même fait un portrait peu flatteur d’Anne, la décrivant comme une jeune fille effacée à qui il manque la fougue d’Emily (cf Dominique Jean). Et pourtant!</p>
<p>Outre des qualités de narration indéniables, la trame du récit très bien construite et un discours sur l’éducation peu ennuyeux car il parsème seulement l’histoire de remarques faisant écho à des scènes mémorables, ce roman est plus impertinent qu’il n’y paraît à première vue. De nombreux signes a priori discrets dénoncent avec sévérité la décadence et l’attitude peu élégante des «parvenus» &#8211; bien que les propriétaires terriens finissent également par en prendre eux aussi pour leur grade. Les allusions faites aux termes précieux et ridicules choisis par ses employeurs m’ont beaucoup amusée, même si je dois avouer que sans les notes de mon édition j’aurais laissé passer un certain nombre de remarques très intéressantes.</p>
<p>&#8220;Agnes Grey&#8221; est peut-être un roman a priori discret et effacé comme son personnage principal et, peut-être, comme son auteur, si on songe à le comparer aux flamboyants et très romanesques &#8220;Jane Eyre&#8221; et &#8220;Wuthering Heights&#8221;. C’est cependant un roman passionnant qui, malgré un certain pragmatisme, s’appuie au fond sur une très belle histoire d’amour et des personnages attachants ou détestables qui ne peuvent pas laisser le lecteur indifférent. L’écriture, très soignée et travaillée, plutôt sèche et précise, est très agréable. J’aurais tendance à penser que ce livre s’adresse plus à un public féminin.</p>
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		<title>Chronique du règne de Charles IX</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Mar 2009 17:30:36 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[MÉRIMÉE Prosper]]></category>
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		<description><![CDATA[Auteur : Prosper Mérimée Première édition : 1829 Édition : Garnier Flammarion Ma note : Résumé : Que le lecteur ne s&#8217;y trompe pas : en dépit de son titre, ce livre n&#8217;a rien d&#8217;une austère chronique. En prenant pour sujet la Saint-Barthélemy et les guerres de Religion qui ensanglantèrent la France du XVIe siècle, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-261" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2009/03/merimee2-179x300.jpg" alt="merimee2" width="147" height="247" />Auteur : </strong>Prosper Mérimée<br />
<strong>Première édition : </strong>1829<br />
<strong>Édition : </strong>Garnier Flammarion<br />
<strong>Ma note :</strong><br />
<strong><img class="alignleft size-full wp-image-16" src="http://classiques.bibliofolie.com/wp-content/uploads/2008/04/4-5.gif" alt="4-5" width="70" height="15" /><br />
</strong></p>
<p><strong>Résumé :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Que le lecteur ne s&#8217;y trompe pas : en dépit de son titre, ce livre n&#8217;a rien d&#8217;une austère chronique. En prenant pour sujet la Saint-Barthélemy et les guerres de Religion qui ensanglantèrent la France du XVIe siècle, Mérimée, au plus fort de la ferveur romantique pour Walter Scott, s&#8217;attache à déjouer les codes du roman historique. Souhaitez-vous un portrait de Charles IX ? Allez plutôt &#8220;voir son buste au musée d&#8217;Angoulême &#8220;, rétorque l&#8217;auteur. Vous attendez-vous à ce qu&#8217;apparaisse la reine Margot ? Vous serez déçu : &#8220;elle était un peu indisposée, et gardait la chambre&#8221;&#8230; C&#8217;est Bernard de Mergy, un parfait anonyme, qui occupe le devant de la scène : ce jeune huguenot, amoureux d&#8217;une comtesse catholique prompte au prosélytisme, est aux prises avec son propre frère, qui s&#8217;est converti. Dans cette œuvre de jeunesse, qui est aussi son unique roman, Mérimée engage avec brio une réflexion sur cette question brûlante : comment les hommes en viennent-ils à s&#8217;entretuer monstrueusement ? Et nous offre une chronique d&#8217;un genre inédit &#8211; &#8220;un ouvrage plein d&#8217;esprit à la Voltaire&#8221;, disait Stendhal.</em></p>
<p><strong>Mon avis :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ayant fait une carrière de diplomate, Mérimée a la réputation d’un dandy secret. Parmi ses influences littéraires : Walter Scott et Pouchkine. Pour une biographie exhaustive : <a href="http://www.merimee.culture.fr/">Mérimée vu par le Ministère de la Culture</a>. Petite anecdote croustillante : il décède en 1870 à Cannes quelques semaines après la défaite de Sédan ; cependant, avant cela, il est déclaré mort avant l’heure et seul un démenti paru dans le <em>Figaro</em> permet de faire taire la rumeur.<br />
Mérimée entreprend la rédaction de sa chronique en 1828, à l’âge de 25 ans. À l’époque, le jeune écrivain connaît une vie sentimentale mouvementée et des déconvenues amoureuses ; ses aventures entraînent aussi un duel avec un mari jaloux, duel qui lui vaut trois balles dans l’épaule et le bras le 9 janvier de la même année. Au passage, et toujours pour le petit côté people, on lui prête une aventure désastreuse avec George Sand en 1833.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais revenons à nos moutons. Rappelant le roman picaresque à la Don Quichotte, cette chronique est l’histoire du jeune Bernard de Mergy, illustre inconnu protestant se rendant à Paris pour faire ses preuves aux côtés de l’Amiral, figure de proue des hérétiques et fameux guerrier. Sans connaître le succès d’œuvres postérieures comme <em>Carmen</em> ou <em>la Vénus d’Ille</em>, le livre s’impose progressivement, favorablement accueilli dans l’ensemble malgré quelques critiques, dont celle de Barbey d’Aurevilly : « Excepté l’étreinte, il n’y a, dans les romans de M. Mérimée, que des coups de pistolet et des coups de couteau ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit au premier abord d’un roman initiatique, puisque le jeune de Mergy, parti pour faire son apprentissage dans l’armée, va s’initier à la vie de débauche de jeunes hommes insouciants et découvrir les plaisirs et malheurs d’un homme convoité par une femme d’influence à la cour. De Charles IX, voilà ce que l’on sait : pour en avoir une description, mieux vaut aller voir son buste au musée d’Angoulême ; la future épouse d’Henri IV Marguerite, indisposée, gardait la chambre. Pourtant, la politique n’est pas loin. Charles IX fait vraisemblablement allusion à Charles X, roi à l’époque de la rédaction du manuscrit. Le roi, personnage de l’ombre, apparaît pourtant à plusieurs reprises dans le roman sous les traits d’un homme fourbe, peu franc et foncièrement cruel, en politique comme à la chasse.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contexte historique est cependant tout autre, puisque la chronique s’achève avec la Saint-Barthélemy et la prise de la Rochelle. On peut penser que le thème central de la guerre civile fait écho aux massacres perpétrés pendant la Révolution et la période tumultueuse qui s’ensuit. Quoi qu’il en soit, les différences de religion sont ici au premier plan avec les retrouvailles de Bernard et du canard boiteux de la famille, à savoir son frère récemment converti. Combattant dans deux camps différents, les deux héros sont témoins des horreurs de la guerre religieuse qui sévit en France dans la deuxième moitié du XVIe.</p>
<p style="text-align: justify;">Un roman trop sombre ? Non point ! Le sujet n’est pas léger et c’est ce qui fait aussi son intérêt. Cependant, <em>Chronique du règne de Charles IX</em> est peut-être avant toute chose une histoire de cape et d’épée. Oyez, oyez, aventuriers ! Écrite sur un ton léger, cette chronique est bien souvent pleine d’humour, sans aucun doute toujours savoureuse. Les déboires du jeune de Mergy font notre plaisir : rencontre malencontreuse avec les reîtres dans un bouge entre Orléans et Paris ; bégaiements de jeune niais en présence de la cour ; intrigue amoureuse ; duel (bien évidemment, l’adversaire est totalement antipathique !) ; rencontre avec une sorcière ; ripailles faites en compagnie de catholiques reluquant les belles femmes à l’église… voilà bien des exploits pour un Bernard attachant.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette chronique palpitante est un drôle de plongeon en 1572 et une excellente immersion dans l’univers de Mérimée. Dont les œuvres intégrales me font de l’œil désormais…</p>
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