Armadale
Par Mme Charlotte | samedi 06 février 2010 à 12:08 | 2 Commentaires »
Dans : Anglophone, COLLINS Wilkie, Mme Charlotte, XIXe siècle
Auteur : Wilkie Collins
Titre original : Armadale
Éditeur : Phébus Libretto
1ère édition : 1868
Ma note : ![]()
Résumé
Selon Borges et Henry James, sur ce point d’accord, s’il fallait se résoudre à ne lire qu’un seul livre de Collins – ce qui est en soi une contrainte insupportable – il faudrait que ce soit Armadale : car ces 800 pages foisonnantes embrassent à peu près tous les registres où se complaît d’ordinaire l’écrivain, humour bien noir compris.Un livre dont l’unique but, prévenons tout de suite l’innocent lecteur, est d’égarer celui qui aura eu l’imprudence de l’ouvrir. Résumons : Tous deux s’appellent Allan Armadale : l’un est tout ce que l’autre n’est pas ; l’un sait, surtout, ce que l’autre ne sait pas – et l’un des deux, semble-t-il, est de trop sur cette terre. A partir du thème éternel de la rivalité entre Caïn et Abel (amour et haine confondus), Wilkie Collins brode une intrigue au fil de laquelle le lecteur est convié à toutes les conjectures, c’est-à-dire à tous les égarements : 800 pages de déambulation à l’intérieur d’un labyrinthe où les personnages et le destin rivalisent d’imagination – et de perversité –, 800 pages de machinations, de complots et de mensonges, au terme desquelles, délicieusement mis à mal, nous espérons malgré tout découvrir ce qu’il est convenu d’appeler la vérité.Conclusion de Henry James : « Il introduit dans l’espace romanesque le plus mystérieux des mystères : celui qui se cache derrière nos portes. »Passage en collection « Libretto » d’Armadale, selon Borges le plus grand roman de Wilkie Collins (l’inventeur du thriller). 800 pages de frissons et d’égarements garantis.Selon Michel Le Bris, préfacier enthousiaste de l’ouvrage : « L’indécence au service du suspense ».
Mon avis
Les mots me manquent, les bras m’en tombent. L’un dans l’autre ce billet promet de ne pas briller par son contenu, mais que faire, que dire après un tel monument qui m’a procuré une extase sans nom ? Wilkie Collins nous balance un bon gros pavé bourré de personnages magnifiques et hauts en couleurs, des intrigues tortueuses, des rebondissements, des secrets inavouables, des âmes tourmentées, une société victorienne avec ses défauts mais avec cette ambiance qui me ravit.
Le meilleur de maître Wilkie est développé à son maximum dans Armadale.
Un antagonisme prédestiné, une dualité troublante dans laquelle l’innocence et l’ignorance de l’un contrebalance la connaissance et la paranoïa de l’autre.
Les deux Armadale forme un duo improbable, deux personnalités que tout sépare, riches et complexes. On pourrait parler des heures de ce roman sublime, malheureusement le temps me manque et à moins de faire une dissertation de 3612 pages qui de toute façons ne suffirait pas à faire le tour de la question, la chose me parait vaine. Notons cependant un personnage que j’ai adoré (parmi d’autres !), une méchante vilaine pas sympa du tout mais finalement très attachante, spécimen anachronique de femme fatale.
Pour finir et avant de m’enfoncer d’avantage, voici un extrait qui suffira à illustrer l’humour et la finesse de Wilkie :
Tags: destin, double, ère victorienne, filiation, moeurs, passion, superstition“Quand vous dites non à une femme, monsieur, dites-le toujours en un seul mot. Si vous lui donnez des raisons, elle croit invariablement que vous voulez lui dire oui.”
Quelques billets apparentés
Les Mystères de Morley Court
Par myloubook | dimanche 20 décembre 2009 à 11:40 | Pas de Commentaire »
Dans : Anglophone, LE FANU Sheridan, MyLouBook, XIXe siècle
Auteur: J. Sheridan Le Fanu
Éditeur : Phébus
1ère édition : 1873
Ma note:
![]()
Présentation de l’éditeur
Cette première œuvre de Le Fanu, parue en 184, n’avait jamais été traduite en français : elle ne décevra pas les amateurs de thrillers, d’émotions fortes et d’aventures sombres et fantastiques. Dans l’Irlande du début du XVIIIe siècle, la jeune Mary Ashwoode voit ses amours avec le bel O’Connor contrariées par les plans machiavéliques d’un père monstrueux qui veut la spolier de sa fortune et lui faire épouser un barbon ridicule. Puis, après la mort mystérieuse de Sir Richard, elle devient la victime de son fils, un libertin criblé de dettes tombé sous la coupe du sinistre Blarden… Dans la lignée de Walter Scott et de Lu Fiancée de Lammermoor, nous retrouvons ici l’éternel combat de la jeunesse et de l’innocence contre un ordre patriarcal inhumain fondé sur des privilèges de caste et de fortune. Même si les figures pittoresques des domestiques et l’évocation des tripots de Dublin forment un plaisant contrepoint à cet univers oppressant, ce sont l’angoisse et la violence qui dominent. Nuits d’orage, duels, chevauchées, poursuites entretiennent l’atmosphère de frénésie chère au roman ” gothique “.
Mon avis :
De Le Fanu je connaissais Carmilla – ou Camilla, selon les éditions. D’où une assimilation de cet auteur au gothique, au roman populaire et à un petit côté sulfureux et sensuel. Les excellents Mystères de Morley Court sont d’un genre tout à fait différent et, si le titre et la couverture annoncent plutôt des histoires de fantômes et de jeunes filles séquestrées à la Dumas ou à la Radcliffe, ce livre s’ancre dans la tradition du roman d’aventures cher au XIXe.
S’il y a une chose que j’adore et dont je ne me lasse pas, c’est le grand manichéisme des personnages, si parfait, si symbolique qu’il caractérise le paysage aussi sûrement que le fog a marqué les rues de Londres. On pourrait tous les mettre dans des petites cases ou, plus victorien, dans de charmantes petites maisons de poupées compartimentées : dans le salon, les femmes jeunes, faibles, sans défense, sujettes aux évanouissements et n’ayant pas la moindre once de jugement quand il s’agit d’envisager les perfidies de ce monde de brigands… ; dans la cour, les hommes valeureux, intelligents, bons, justes, prêts à sacrifier leur vie pour une question d’honneur… si possible de sang noble, c’est encore mieux – et s’ils sont a priori pauvres et de basse extraction, on leur trouvera très souvent comme par hasard une généalogie faite de particules ou un oncle millionnaire à la fin du roman ; au grenier, les fourbes, en majorité très laids et effrayants – mais pas toujours, dont l’âme a atteint une noirceur telle qu’ils deviennent incapables de la moindre bonne action ; au milieu, dans la cuisine, quelques adjuvants du bien ou du mal, insignifiants ou amusants, au choix.
Les Mystères de Morley Court ne dérogent pas à la règle. Début XVIIIe, en Irlande. Le jeune O’Connor, parti guerroyer pendant trois ans, revient épouser sa belle, la jeune Mary, gentille, douce, musicienne et insipide. Ayant désormais un protecteur prêt à lui accorder une rente très confortable et à le faire hériter de sa fortune, O’Connor pense obtenir le consentement de l’horrible Lord Richard Ashwoode, le père de Mary. Mais le baron en question a d’autres projets pour sa fille et parvient à brouiller les deux jeunes gens en interceptant les lettres enflammées qu’ils se transmettent. Ah ! Que la vie d’héroïne au XIXe est difficile ! Dès lors, les complots se multiplient, les retournements de situation s’enchaînent. La question étant : Mary et O’Connor vont-ils se retrouver, se marier, vivre heureux etc ? Les plans infâmes des Ashwoode père et fils vont-ils aboutir ? Je n’en dirai pas plus sur le déroulement de l’histoire, pourtant riche en péripéties – à ce sujet le résumé de l’éditeur donne à mon avis beaucoup trop d’indications et, si vous le lisez, vous vous attendrez comme moi à un décès immédiat qui ne surviendra qu’au bout de 150 ou 200 p.
Autant le dire tout de suite : nos héros jouent de malchance, tout semble se retourner contre eux, ce qui va inquiéter le lecteur tout au long des quelques 450 p qui ne semblent presque jamais annoncer un revirement positif de façon durable.
Cette lecture a été pour moi une excellente surprise car je ne m’attendais pas du tout à ce type de texte de la part de Le Fanu. J’ai pensé à Pauline de Dumas ou aux Chroniques du Règne de Charles IX de Mérimée, dont les rebondissements et les personnages n’étaient pas si différents. Le style, la construction évoquent les parutions en feuilleton chères au XIXe – j’imagine que c’est le mode de publication utilisé ici aussi.
Si j’adore les personnages caricaturaux à la Dickens et trouve le jeune héros vaillant séduisant bien qu’un peu ridicule, je dois avouer que je supporte difficilement l’oie blanche traditionnelle. J’ai donc pris un malin plaisir à suivre les réactions de Mary face au complot qui se tramait (« oh ! mais comment se fait-il que mon frère ne comprenne pas que je n’aime pas trop son ami par ailleurs un peu mal élevé ? Je ne vais pas du tout imaginer qu’il va comploter contre moi ! Non non non, si mon frère est tout le temps désagréable avec moi c’est parce que c’est un homme, il cache sûrement ses sentiments réels mais je sais qu’au fond de lui il m’aime vraiment et me protégera contre tous les vilains méchants pas beaux jusqu’à la fin des temps, juste parce que je suis sa sœur fidèle et dévouée ! »). Lorsque, grâce à sa nouvelle femme de chambre, gentille mais plus dégourdie, Mary commence à se rebeller, j’ai commencé à revoir mon jugement. Mais le sursaut de l’insupportable créature falote a été bien bref. Damn it !
Heureusement pour moi, Le Fanu trouvait sans doute son héroïne assez ennuyeuse lui aussi. Nous ne la voyons pas beaucoup donc et, le reste du temps, l’histoire est palpitante, sombre, drôle, parfois grotesque, le tout dans un environnement délicieux (manoirs, routes désertes la nuit, vieilles auberges tenues par des gens peu fréquentables, tripots, combats de coqs, jeux de carte, duels). Intrigue et héroïsme s’opposent de bout en bout pour notre plus grand plaisir. Ajoutons à cela une galerie de personnages secondaires irrésistibles et pleins d’humour et nous aurons brossé un portrait rapide de ce roman passionnant, classique méconnu à redécouvrir, à lire et, dans quelques années, à relire.
Tags: amour, aventures, ère victorienne, roman, vengeanceQuelques billets apparentés
Melmoth
Par Mme Charlotte | jeudi 03 décembre 2009 à 23:26 | Pas de Commentaire »
Dans : Anglophone, MATURIN Charles Robert, Mme Charlotte, XIXe siècle
Auteur : Charles Robert Maturin
Éditeur : Phébus/Libretto
Ma note :![]()
Résumé :
John Melmoth quitte provisoirement son collège de Dublin pour se rendre au chevet de son oncle mourant. Dès le décès de celui-ci le jeune homme va découvrir d’histoire étrange de l’un de ses ancêtres, prétexte à plusieurs récits imbriqués qui tissent autour du personnage de l’homme errant une aura de mystère et de crainte.
Mon avis :
Gros pavé que voilà mais ô combien jouissif ! Monument du roman gothique, romantique et fantastique, le Melmoth de Maturin nous offre là une fresque recouvrant tous les aspects du mythe de Faust, du suppôt de Satan errant parmi les hommes. Dépaysant et complexe dans sa construction, ce roman a pour héros un personnage quasiment absent, dont chaque récit, écrits, rapportés, offre un nouveau décor, un nouveau thème. Les différents récits nous transportent des geôles de l’Inquisition aux jungles idylliques de l’Inde.
L’histoire de John Melmoth nous met dans l’ambiance, tandis que le récit suivant, L’histoire de Stanton, nous relate l’enfermement d’un innocent dans un asile d’aliéné, avant de nous plonger dans l’horreur avec Récit de l’espagnol, où un jeune aristocrate, destiné à la vie monacale par sa famille, tente de fuir sa triste condition. Un peu longue, cette histoire n’en est pas moins prenante, noire et violente, une dénonciation claire du fanatisme religieux. L’histoire des indiens confronte Melmoth à ses derniers penchants humains, le poussant, par la force de sa condition à corrompre l’amour, dont il fait d’ailleurs une description sublime et inattendue dans la bouche d’un tel personnage. Cette histoire est lumineuse et noire à la fois, l’espoir et l’innocence y côtoient la fatalité. Interrompue par L’histoire des amants, tragique et bouleversante, elle s’achève d’une manière cruelle et violente.
En bref, un roman multiple et un personnage aussi fascinant qu’absent, un style riche et jubilatoire, superbe. Un tour de force littéraire dont il est difficile de parler et qui me laisse béate d’admiration.
Tags: destin, fantastique, faust, gothique, religion, romantisme, satanQuelques billets apparentés
Les Cenci
Par Mme Charlotte | mercredi 05 août 2009 à 19:06 | 4 Commentaires »
Dans : DUMAS Alexandre, Francophone, Mme Charlotte, XIXe siècle
Auteur: Alexandre Dumas
Éditeur : André Versailles
1ère édition : 1839-40 (in Les crimes célèbres)
Ma note :
![]()
Résumé
Rome, 1599. Une épouse, Lucrezia Cenci, qui a trop souffert des odieux traitements que lui inflige son époux, s’associe à sa fille et à l’un de ses fils, tous deux également victimes de leur père psychopathe, pour organiser l’assassinat du tyran.
Sous la plume incisive de Dumas, nous assistons aux préparatifs, puis au meurtre du père, mais aussi au déroulement d’une enquête impitoyable et palpitante.
Mon avis
Je suis une lâche, un grosse feignasse. J’ai pas loin de 5000 pages de Dumas qui m’attendent dans ma PAL, reparties sur 4 volumes comprenant les Mohicans de Paris, Olympe de Clèves et La San Felice. Et je ne compte pas Le chevalier de Maison-Rouge en poche. Et voilà que je ne trouve rien de mieux à faire que de me rabattre sur un tout petit livre riquiqui, de 96 pages, plus petit qu’un livre de poche, vaguement apparenté à un fascicule. Donc oui je une feignasse mais je m’assume.
Tout petit livre donc, mais bien joli objet, au papier élégant et à la police délicate. Ce texte est tiré de Crimes célèbres que l’on peut trouver dans leur intégralité chez Phébus, ou du moins chez les bouquinistes et les libraires prévoyants.
L’histoire relate un faits divers sordide qui inspira de nombreux auteurs, tels que Shelley, Stendhal, Artaud ou Moravia.
Béatrix Cenci, fille de Francesco Cenci, abusée et martyrisée par ce père sadique et sanguinaire n’hésitant pas à s’adonner aux vices en tous genres, entreprend avec l’accord et l’aide de sa belle-mère et de son frère aîné d’assassiner son tortionnaire. Malgré un déguisement en accident, le meurtre ne tarde pas à être dévoilé. Torturés, soumis à la question, les proches de Béatrix avouent, sauf elle. La jeune fille, victime et coupable, résiste et nie tout en bloc malgré l’horreur et la souffrance. Elle finira pourtant par céder, poussée par sa famille.
Béatrix symbolise l’innocence et la pureté malgré les souillures et les avilissements. Déclarée coupable et condamnée à mort, elle incarne l’image d’un ange de courage et de dignité.
Malgré la sympathie du peuple de Rome la famille Cenci sera donc exécutée, à l’exception du plus jeune frère, gracié mais condamné à assister au massacre légal de sa famille.
Que de joies me direz-vous !? Dumas nous restitue les faits froidement, il ne lésine pas sur les détails, parfois avec un brin d’humour, mais sans fioritures, le lecteur assiste plus qu’il ne participe. Le texte est plus proche de la chronique que de la nouvelle. En quelques pages il réussit à rendre intense un drame humain qui a laissé des traces dans l’imaginaire collectif.
Portrait de Beatrice Cenci, Guido Reni, Galleria Nazionale d’Arte Antica, Rome
Quelques billets apparentés
Les mystères de Londres
Par Mme Charlotte | mercredi 24 juin 2009 à 15:54 | 1 Commentaire »
Dans : Francophone, FÉVAL Paul, Mme Charlotte, XIXe siècle
Auteur: Paul Féval
Éditeur : Phébus/Libretto
1ère édition : 1844
Ma note:
![]()
Résumé :
Dans les années 1840, tout Londres ne bruit que des frasques du marquis de Rio-Santo. dandy insolent dont la richesse paraît sans limite, qui subjugue l’aristocratie… et règne en même temps sur les bas-fonds de la capitale ! Car en dépit de son nom, Rio-Santo est irlandais, et à la tête d’une association de malfaiteurs baptisée Les Gentilshommes de la nuit, il prépare en secret une révolution destinée à libérer l’Irlande. Complots, poursuites, assassinats, nous voici entraînés à un rythme d’enfer de rebondissements en rebondissements, égarés d’une fausse piste à une autre dans ce roman noir moderne écrit en 1844 – deux ans avant Le Comte de Monte Cristo – sous le pseudonyme de Francis Trolopp, pour concurrencer Les Mystères de Paris d’Eugène Sue. Mais ces Mystères de Londres, étonnante plongée dans l’ombre des sociétés secrètes, vision hallucinée où se mêlent la réalité sociale à la Dickens et le mystère à la Wilkie Collins, ouvriront à leur auteur les portes du succès.
Mon avis :
Mon premier Paul Féval. J’ai vu et revu le Bossu mais jamais lu. Je démarre donc avec l’équivalent des Mystères de Paris, d’Eugène Sue (jamais lu non plus !). Paul Féval commença la rédaction des Mystères de Londres en 1843 (en réalité une réécriture lointaine des Mysteries of London de Reynolds) pour concurrencer le succès de Sue, roman feuilletonnesque à caractère social.
Féval opte clairement pour le roman d’aventures et d’intrigues. Celle-ci couvre toutes les classes sociales, des bas-fonds à l’aristocratie. Dès le départ le récit nous aspire dans plusieurs mystères imbriqués, les personnages sont nombreux, les liens entres eux souvent complexes et pas toujours directs. Autant le dire, ça sent un peu la confusion. Ajoutons à cela une rapidité dans la succession des événements, des malentendus et des quiproquos et on a l’impression soudaine de se trouver dans un vaudeville. Les portes qui claquent, les personnages qui se dissimulent derrière une porte, un rideau, la jeune fille en pâmoison, le jeune premier plein de verve et de culot, tout y est et même plus !
La galerie de personnages est vraiment impressionnante et là je vais faire la midinette que je ne suis pas (j’assume entièrement cet écart de conduite) mais j’adore la marquis de Rio-Santo ! Ah quel homme !
Bien des mystères l’entourent, lui et son “œuvre”. Les personnages gravitant autour sont tous aussi intéressants, même si leur profusion ne permet pas de les approfondir autant qu’il aurait été possible. Plusieurs histoires sans rapport apparent sont développées en parallèle. On navigue entre les noires ruelles londoniennes et le faste de la noblesse anglaise. Toutefois, nous ne sommes ni chez Zola ni chez Balzac, et ces deux univers ne sont donc pas approfondis comme ils auraient pu l’être chez les deux sus-nommés qui en avaient fait leur spécialité.
Malgré tout la sauce prend à merveille, on s’y croirait !
L’intrigue est assez alambiquée pour être captivante. J’avoue que les aspects vaudevillesques ne gâchent pas la tension dramatique, c’est finalement assez bien dosé, même si au départ on se fait un peu peur avec toute cette agitation.
On en apprend progressivement un peu plus sur les différents personnages et leurs motivations. Rio-Santo, homme multiple qui en sait long mais donc le projet serait totalement obscur si la quatrième de couverture n’en disait pas autant, est un individu déterminé, passionné, qui n’a qu’un but et qui utilise tous les outils possibles pour parvenir à ses fins.
Ce roman est hautement jouissif si on aime l’aventure, les personnages pittoresques, le mystère et les amours contrariées (oui, ça aussi on y a droit !)
J’avais justement envie de lire ce genre de roman en ce moment, et quelle joie !
Malgré tout, j’ai quelques toutes petites réserves, de rien du tout, mais quand même.
J’ai trouvé le dénouement un poil rapide, voire facile. Les clés nous sont données progressivement, le lecteur comprend bien avant les personnages, si bien qu’il ne reste plus beaucoup de questions, si ce n’est pour les personnages aux-mêmes.
Néanmoins, malgré quelques facilités, de nouveaux mystères achèvent le roman :
Montrer le spoiler uniquement si vous avez lu livre »
Que devient Clary après voir tué Rio-Santo ?
Suzannah retrouve-t-elle sa mère ?
Rio-Santo est-il bien mort ?
Car Féval sème le doute :“Elle mit la main sur le coeur de Fergus qui paraissait ne plus battre” , et ses anciens acolytes semblent encore l’attendre. Attendent-il un homme qui fut un quasi-Dieu de son vivant et dont la mort leur est impensable, ou Rio-Santo a-t-il finalement survécu ?
Les dernières lignes du livre sèment un doute, parce que finalement, le lecteur aussi a envie d’y croire…
Tags: aventures, ère victorienne, filiation, justice, vengeanceQuelques billets apparentés
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